Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Archives annuelles : 2020

Jean YBARNEGARAY. Un notable basque de la première moitié du XXème siècle.

assisJean Ybarnegaray, figure politique majeure du Pays Basque dans la première moitié du XXème siècle, fut élu municipal de Uhart-Cize, conseiller général du canton de Iholdy, député des Basses-Pyrénées, ministre de la IIIème République puis de l’Etat Français, résistant, déporté, jugé par la Haute cour de Justice. Pourtant, aucune stèle, aucune rue, aucun monument ne porte son nom dans le département où sa mémoire semble avoir disparu.

Jean Ybarnegaray est né le 16 octobre 1883 à Uhart-Cize. Il est décédé à Paris le 25 avril 1956. Ses obsèques ont lieu à Uhart-Cize où il est inhumé.

Ses études passent par le petit séminaire de Larressore, le collège Stanislas à Paris (baccalauréat en 1901), les facultés de droit de Paris et de Bordeaux. Il s’inscrit au Barreau de Saint-Palais en 1908. Il soutient une thèse de doctorat à Bordeaux en 1908.

Il effectue un an de service militaire à partir de septembre 1904 au 49ème RI de Bayonne.

 

Première guerre mondiale.

Bien que déjà élu député, il rejoint le 249ème RI à la mobilisation d’août 1914. Il est sergent en décembre 1914, sous-lieutenant en avril 1915, lieutenant en juillet 1916. La Légion d’Honneur lui est attribuée le 21 juillet 1915. Il est également titulaire de la Croix de Guerre.

Sa position de combattant-député lui permet, après l’échec de la première offensive du Chemin de Dames, d’être reçu par Poincaré. Après le second échec des 5 et 6 mai, il intervient le 29 juin 1917 à la tribune de la Chambre et obtient le remplacement du général Nivelle par le général Pétain.

Mandats électoraux.

Municipal.

Jean Ybarnegaray est élu au conseil municipal de Uhart-Cize en 1912, à 29 ans seulement. Il occupe dès cette date le siège de maire. En juin 1914, il est révoqué par le préfet suite à sa condamnation pour « menaces et promesses d’argent à divers électeurs en vue d’influencer leur vote ». Il reste conseiller municipal et retrouve le siège de maire en 1923.

Il est ensuite réélu en 1925, en 1929, en 1935.

Jean Ybarnegaray est délégué de sa commune à la Commission syndicale du Pays de Cize.

Départemental.

Jean Ybarnegaray est élu conseiller général du canton de Cize du canton d’Iholdy en 1934, il siège jusqu’en 1937.

J.O. du 30 01 1941

 

 

Il est nommé membre de la Commission administrative départementale en 1941.

 

 

 

National.

Jean Ybarnegaray est élu député du département des Basses-Pyrénées pour la première fois le 26 avril 1914. Il est ensuite réélu sans discontinuité aux élections législatives du 16 novembre 1919, du 11 mai 1924, du 22 avril 1928, du 1er mai 1932 et du 26 avril 1936.

Jean Ybarnegaray, lui-même joueur de pelote et champion de France à joko-garbi en 1926, 1927 et 1928, est à origine de la Fédération française de Pelote Basque crée en janvier 1921 dont il assume la présidence.

Fonctions ministérielles.

Jean Ybarnegaray exerce une fonction ministérielle dans les deux derniers gouvernements de la IIIème République.

Raynaud, Ibar, Daladier.

 

Il est Ministre d’Etat sans portefeuille dans le gouvernement de Paul Reynaud du 10 mai 1940 au 16 juin 1940. Puis Ministre des anciens combattants et de la santé publique dans le gouvernement Pétain du 17 juin 1940 au 10 juillet 1940.

Le 10 juillet 1940, il vote pour l’attribution des pleins pouvoirs constituants au Maréchal Pétain.

 

 

Ybarnegaray porte le béret.
Ybarnegaray porte le béret.

Jean Ybarnegaray fait partie du conseil que préside par le Maréchal Pétain et dont Laval est le vice-président qui est mis en place le 16 juillet 1940. Il est     ministre secrétaire d’État à la Famille et à la Jeunesse. Comme sept autres ministres, il est débarqué de ce conseil le 6 septembre 1940 en tant qu’ancien parlementaire.

Deux lois sont promulguées avec la signature de Jean Ybarnegaray: l’une porte création des chantiers de jeunesse (loi du 30 juillet 1940, parue au J.O. du 1er août 1940; pour y accéder cliquer ici), l’autre vise à lutter contre l’alcoolisme (loi du 23 août 1940, parue au J.O. du 24 août 1940; pour y accéder cliquer ici).

Jean Ybarnegaray est aussi, au titre de ministre, à l’origine de la fondation des Compagnons de France et de l’Ecole des Cadres d’Uriage.

Jean Ybarnegaray est également impliqué dans les mesures prises en matière de politique familiale: relèvement des allocations, prêts aux jeunes ménages, criminalisation de l’avortement, allocations de salaire unique, formation des jeunes filles…

Avec Jean Borotra, qu’il nomme Commissaire général à l’Education physique et aux Sports il développe les prémices de l’interdiction des sports professionnels.

Pendant sa période ministérielle, Jean Ybarnegaray intervient, au titre de la loi du 17 juillet 1940, auprès du Préfet des Basses-Pyrénées, pour demander mutations et révocations d’instituteurs considérés comme communistes ou francs-maçons; pour réprimer les réfugiés espagnols.

Retour au Pays Basque.

Quittant Vichy et le gouvernement, Jean Ybarnegaray s’installe à Uhart-Cize et reprend ses fonctions de maire qu’il assume avec assiduité. Le sous-préfet lui accorde même une influence « bienfaisante » supérieure à celle du conseiller général Inchauspé.

Jean Ybarnegaray est impliqué dans des opérations de passage vers l’Espagne de telle sorte qu’il est arrêté le 22 septembre 1943 par la Gestapo en même temps que son épouse. Celle-ci est rapidement relâchée et placée sous la surveillance des Allemands à Paris.

Jean Ybarnegaray est incarcéré à Bayonne puis à Fresnes.

Plansee; Hotel Forelle.

Le 8 janvier 1944 il est déporté en Autriche à Plansee. Il est libéré par les troupes américaines le 28 avril 1945.

 

 

 

 

 

Libéré, Jean Ybarnegaray réside à Uhart-Cize ce que conteste le Comité de Libération de Bayonne. Il est frappé d’inéligibilité pour 10 ans le 31 décembre 1945.Son procès devant la Haute-Cour de Justice a lieu le 18 mars 1946. Pour la Cour, bien que « convaincu du crime d’indignité nationale », Jean Ybarnegaray n’a pas lieu d’être condamné du fait de ses actes de résistance et de sa déportation.

 

Etant inéligible, après la Libération, Jean Ybarnegaray ne peut qu’apporter un soutien à ses amis politiques et ne retrouve plus aucun mandat électif.

Référence bibliographique.

Bilbao Isabelle, JEAN YBARNEGARAY, entre « petite et grande patrie », Editions Elkar, Bayonne, 2013, 203 pages.

Sur Internet.

Larronde, Jean Claude. Jean Ibarnegaray, sa vie, son rôle politique. Pour y accéder, cliquer ici.

Assemblée Nationale. Jean Ybarnegaray, mandats et biographie. Pour y accéder, cliquer ici.

 

 

 

GOLAND Dora. Déportée à Auschwitz.

Dora Goland dont les parents sont des juifs polonais réfugiés à Pau est raflée le 3 avril 1944. Ses parents, ses deux sœurs et elle sont déportés vers Auschwitz. Elle est ensuite transférée à Ravensbrück où elle retrouve sa sœur  Myra. Les deux sœurs sont libérées le 2 mai 1945 par les troupes russes.  … Lire la suite

ARRETCHE. Une famille basque dans la Résistance.

Les deux frères ARRETCHE, Jean-Baptiste et Jean-Pierre, nés à Lecumberry, ont eu à affronter de 1939 à 1944, avec leurs 5 fils, toutes les options qui ont marqué les 5 années de guerre et d’occupation: passages vers l’Espagne, évasion individuelle vers l’Espagne, choix du STO,  arrestation, déportation, engagements dans les troupes combattantes, engagements dans les… Lire la suite

«Réseau Sans Nom». Documentaire dédié à la filière de la scierie de Mendive et à sa mémoire.

Le documentaire de 33 minutes « Réseau sans nom », réalisé par Benat Iturrioz, retrace, entre interprétation historique et mémoire historique, la filière d’évasion et de renseignements de la scierie de Mendive qui sous la responsabilité du Docteur Schepens fonctionna de juin 1942 à juillet 1943.       Pour accéder au film « Réseau sans nom »: cliquer ici.… Lire la suite

Le réseau belge Zéro et la filière de la scierie de Mendive. Texte communiqué par Meg Ostrum auteure de « Le chirurgien et le berger »

Meg Ostrum qui a étudié en détail le fonctionnement de la filière de la scierie de Mendive, aboutissement du réseau belge « Zéro », complète les informations publiées récemment sur le fonctionnement de ce réseau dans les Basses-Pyrénées.       C’est au cours d’une randonnée dans les Pyrénées que Meg Ostrum, conservatrice de musée dans le… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées, affiliés à la Base Espagne.

Bourgogne   Réseau de passage et de renseignements Il est créé en 1943 par M. Groussine. Le principal agent départemental est le Palois Georges Claverie. Ce dernier conçoit et gère depuis sa maison (rue Matthieu Lalanne) la section « évasions » du réseau. Il est intégré dans la Base Espagne fin 1942   Références bibliographiques : –… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. MARC-FRANCE.

  Marc-France       Réseau de renseignements et de passage Sous-réseau du réseau belge Marc, travaillant pour le gouvernement belge à Londres     Dans les Basses-Pyrénées Plutôt que d’un réseau, il s’agit davantage d’un groupe de personnes décidées, structuré autour de Laborde-Ginésis. Les principaux agents en Pays basque sont : – Mlle NAVIZET, infirmière… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. MARGOT.

Margot.           Réseau de passage. Il est créé par la jeune Marguerite de Gramont (famille des seigneurs de Bidache) en mai 1943. Petit réseau giraudiste, de durée éphémère (mai-décembre 1943). L’étudiante, de santé fragile, fait une cure de repos, au printemps 1943, à Saint-Jean-le-Vieux lorsqu’elle rencontre des passeurs travaillant pour la… Lire la suite

SAINT-VINCENT. Attaque du P.C. du groupe Vernet-Vidal. 5 juillet 1944

Après un premier accrochage entre le groupe Vernet-Vidal (ORA), diverses actions de représailles sont menées par les troupes d’occupation allemandes contre ce maquis et la population locale: 19 juin 1944 au lieu-dit « L’Oeil du Neez » à Capbis, 21 juin 1944 au village même de Capbis, 26 ou 27 juin 1944 au Plà d’Izou. Le groupe… Lire la suite

Maquis du Bager d’Oloron. Attaque du 19 juin 1944. Rapport administratif.

Après l’attaque du maquis du Bager d’Oloron (19 juin 1944), un rapport administratif a été établi. Ce rapport donne une version « officielle » de l’attaque et de ses conséquences.       Un rapport officiel, émanant selon toute vraisemblance d’un service de police, (police de sûreté? renseignements généraux?) établit les faits de cette attaque et en… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. WISIGOTH LORRAINE.

Wisigoth Lorraine         Réseau polonais d’action, de passage et de renseignements.          Il est créé et organisé par le comte Andrzej Wyssogotha (M. Georges) en juillet 1940.          Sa fonction est le passage en Angleterre, par l’Espagne, des soldats polonais s’étaient réfugiés en France après l’occupation de leur pays par les troupes… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. ORION.

Réseau Orion           Réseau international de passage et de renseignements.          Il est fondé en décembre 1940 par Henri d’Astier de la Vigerie et le Belge Henri Piron. A l’origine réseau franco-belge, il est ensuite en relations étroites avec le réseau anglais Shelburn, proche des giraudistes (ORA) et des Américains, ainsi… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. NIVELLE – BIDASSOA.

Nivelle-Bidassoa         Réseau de renseignements et de passage          Il est créé pendant l’été 1942 par Jean-Louis Dupreuilh, industriel de Saint-Jean-de-Luz.          Réseau spécialisé au départ dans les passages des aviateurs anglais et des civils , mais qui transmet également de nombreux renseignements au consulat britannique de Saint-Sébastien (mouvements des troupes allemandes,… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. NAP = Noyautage des administrations publiques.

NAP  = Noyautage des administrations publiques       Réseau de renseignements et de sauvegarde          Il est créé en novembre 1942 à Pau par Honoré Baradat et Eloi Duboscq, qui comptent parmi les fondateurs de la Résistance en Béarn.          Deux objectifs principaux lui sont fixés à sa création : d’une part, infiltrer les services de… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. FERNIDABEL. LES ROIS CATHOLIQUES.

Ferdinabel ou Les Rois Catholiques         Réseau de passage Il est créé en 1942 par René de Chaineux (Ferdinand) et Odette de Blignères (Isabelle), aristocrates belges, et les frères Jean et François Mazou, anciens volontaires des Brigades internationales. Son nom est une contraction de Ferdinand (d’Aragon) et Isabelle (de Castille), roi et reine d’Espagne… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. CONFRERIE NOTRE DAME.

Confrérie Notre-Dame  (CND)         Réseau international de renseignements et de passage          Il est créé en septembre 1940 dans la continuité du réseau fondé dès juin par Louis de la Bardonnie. Son organisateur est Gilbert Renault (Raymond), plus connu sous le nom du Colonel Rémy.          Il est l’un des premiers réseaux du… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. COMETE.

Comète         Réseau international de passage           Le plus célèbre des réseaux internationaux d’évasion.          Surnommé « le réseau des Dames » en raison du grand nombre d’agents de sexe féminin.          Fondé par Andrée de Jongh en 1941.          Sur la Côte basque, les principaux agents sont Kathalin Aguirre, Elvire de Greef et… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. CASTILLE.

Castille         Réseau international de renseignements, de sauvegarde et de passage          Appelé aussi réseau Pierre Fort, du nom de son chef.          Le réseau a toujours été en étroites relations avec le BCRA de Londres.          Il fonctionne sans interruption de 1941 à la Libération.   Création          Il est créé… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. BUCKMASTER.

Buckmaster         Système britannique de réseaux de renseignements.          Système de réseaux créé le 17 mars 1941. Il tire son nom de Maurice James Buckmaster (1902-1992),  homme d’affaires et journaliste britannique, qui commande pendant la Seconde Guerre mondial la section F du service secret britannique SOE (Special Operations Executive). Cette section est… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. BASE ESPAGNE.

Base Espagne         Système de réseaux de passage et d’évasion vers l’Espagne.          Il est créé en novembre 1942 par les frères Jean et François Mazou.          Il a fonctionné de 1943 à la Libération, sans être véritablement inquiété.          Il rassemble : –  une trentaine de réseaux parmi lesquels Ber-Armand, Bourgogne, Cazimir,… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. ALIBI MAURICE.

Alibi Maurice           Réseau de passage et de renseignements.          Il est constitué par la fusion des réseaux Alibi et Maurice, en avril 1944.          Il a fonctionné pendant les derniers mois de Vichy (printemps et été 1944) sous le commandement de Georges Charaudeau. La section départementale d’Alibi Maurice comporte 14… Lire la suite

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. ALIBI.

Alibi         Réseau international de passage, de renseignements et de sauvegarde. Il est créé par le Palois Georges Charaudeau (1901-1990), le 1er juillet 1940, à Pau. Pendant les années trente, l’intérêt de Georges Charaudeau pour les sports mécaniques l’avait porté à la présidence de l’Automobile Club béarnais ; parallèlement, il avait effectué plusieurs missions… Lire la suite