Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Archives annuelles : 2026

ACHIARY. Un couple dans la résistance.

Léon Achiary, avec son épouse Henriette, a œuvré au sein du réseau Brutus dès 1941 et jusqu’à la libération. Son fils, André, fut un agent actif de la résistance en Afrique du Nord

 

 

 

Léon Achiary et son épouse Henriette.

Avant la seconde guerre mondiale.

 

Léon Achiary est né le 11 mai 1884, un peu par hasard, à Esquiule où sa mère rendait visite à sa sœur institutrice au village alors qu’elle résidait à Cette (Hérault) (aujourd’hui Sète) avec son mari qui était employé des chemins de fer de la compagnie du Midi. Acte de naissance: AD 64.

En 1898, il suit des études primaires supérieures à Aubin (Aveyron), son père étant alors chef de station à Saint-Georges-de-Luzençon (Aveyron). Il est ensuite admis à intégrer l’école normale de l’Aveyron en octobre 1900.

Léon Achiary signe un engagement volontaire de 3 ans le 9 novembre 1903 à Mende (Lozère). Un état de services rédigé en 1916 atteste qu’il est mis en disponibilité dès septembre 1904 et qu’il se retire dans un premier temps à Esquiule puis en Algérie dans la subdivision de Constantine. Source dossier d’instruction pour l’obtention de la légion d’honneur.

Léon Achiary se marie, à Tarbes, le 18 août 1908, avec une collègue institutrice (Acte de mariage )  Il est alors domicilié à Constantine. Le 10 juillet 1909 nait, à Tarbes, leur fils André. Un divorce est prononcé le 14 mai 1924.

Léon Achiary est mobilisé le 5 octobre 1914 au 174éme régiment d’infanterie. Il est nommé sous-lieutenant le 4 janvier 1915. Blessé par un éclat d’obus lors des combats de Notre-Dame de Lorette il perd la vision de l’œil gauche. Réformé, il rentre dans ses foyers en Algérie à la mi-décembre 1915, domicilié à El-Oued (département de Constantine).

Il est décoré de la Légion d’Honneur en date du 18 avril 1916, de la Croix de Guerre avec palme en date du 21 mai 1915.

Léon Achiary est toujours en résidence à El-Oued lorsqu’il se remarie avec Henriette Sergent le 9 avril 1925. 

Par décret du 5 novembre 1931, il lui est attribué une pension de 21 116 f à compter du 1er octobre 1931. JO du 14 septembre 1931.

Pendant la seconde guerre mondiale.

 

Léon Achiary prend sa retraite en Béarn. Membre du parti socialiste depuis 1920, il est candidat à l’élection législative de mars 1935 sous l’étiquette républicain socialiste. Il échoue n’étant que troisième à l’issue du second tour. Résultats élection mars 1935

Il participe aussi au congrès de la SFIO à Nantes en 1939. 

Il se trouve à Toulouse en 1939 et il membre d’une section locale de la SFIO. C’est dans ce cadre qu’il commence à distribuer des tracts et des journaux clandestins avec son épouse Henriette.

En juillet 1941, Eugène Thomas, mandaté par le colonel Pierre Fourcaud, pour organiser le Comité d’Action Socialiste et les prémices du réseau Brutus, nomme Pierre Naves responsable de la région R4, Pierre Berthoumieux responsable départemental et Léon Achiary responsable local à Toulouse.

Achiary, proche de la municipalité socialiste de Toulouse, dispose des moyens nécessaires pour à la fabrication de faux papiers (carte d’identité, d’alimentation, etc…). Il imprime également plusieurs journaux clandestins (Midi Socialiste, le Lot Résistant) dont celui de Gaston Defferre pour Marseille (L’Espoir).

Achiary dirige des réseaux d’évasion par l’Espagne, l’un par Foix, l’autre par Saint-Gaudens.

De plus, avec l’aide de Lucien Béret, chef du tri postal en gare de Toulouse, il organise un groupe qui détourne les courriers suspects pour en prendre connaissance et les exploiter. Ils disposent d’un poste émetteur manipulé par Pierre Pitou qui les dénonce en octobre 1943. Le 8 octobre, les hommes de la Gestapo se présentent chez les Achiary qui arrivent à masquer leur présence. Ils parviennent à s’évader et à détruire tout document compromettant tant à leur domicile qu’à leur bureau.

Après être passés à Lyon, Léon et Henriette arrivent à Paris le 8 novembre 1943. Gaston Defferre devient le responsable du réseau est prend Achiary comme adjoint en novembre 1943. Les activités du réseau sont au printemps 1944 perturbées par de nombreuses arrestations à la suite de dénonciations dont l’auteur est démasqué. Celui-ci est abattu le 19 avril 1944.

Malgré les alertes, l’activité du réseau se poursuit. Un agent de liaison ayant été arrêté à Châteauroux le 2 juillet  en possession de courriers sur le chemin du départ, la Gestapo , dans la nuit du 4 au 5 se présente au domicile des Achiary. Alors que Henriette fait tout son possible pour retarder l’intervention des Allemands, Léon s’échappe. Henriette est arrêtée et disparait. 

Léon Achiary participe à la libération de Paris, intégré dans un groupe combattant de « Libé-Nord ».  Il prend sa retraite à Montaigut-sur-Save (31). Il y décède le 16 novembre 1973. 

Henriette, née le 24 mai 1888, partage les activités clandestines de son mari sous le pseudonyme « Madeleine Carpentier ». Trop faible pour tenter de s’échapper avec Léon Achiary lors de la perquisition du 5 juillet, elle retarde au maximum l’intervention. Arrêtée après avoir fait disparaitre une grande partie des documents compromettants, elle est conduite au siège de la Gestapo et ne laissera aucune trace.

Une rue de Toulouse porte son nom.

 

André Achiary.

André Achiary, né en 1909, est nommé commissaire de police à Alger en 1935 après des études de droit.

Dès juillet 1940, il milite dans la résistance, protège, par exemple, le commandant Loustaunau-Lacau auquel il rend son passeport le 25 mai 1941 pour lui permettre de retourner en France.

Soupçonné de double jeu, il est muté à Sétif. Cette mutation ne l’empêche pas d’entrer dans le complot qui prépare le débarquement de novembre 1942. De retour de Sétif dans les jours qui précèdent ce débarquent, il prend la police en main et contribue à sa réussite.

Fin 1941, il est mis en cause dans l’assassinat de Darlan, il est incarcéré à Laghouat. Il rentre à Alger en février 1943, fait du renseignement pendant la campagne de Tunisie et après le débarquement en Provence.

Réintégré dans la « préfectorale », il est nommé sous-préfet de Guelma en avril 1945. Il est confronté aux manifestations violents de mai 1945 (massacres de Guelma et de Sétif). Il termine sa carrière préfectorale à Alger puis en métropole dans la Manche. Il démissionne et, de retour à Alger, devient entrepreneur de travaux publics.

Il est expulsé en 1956 vers la France suite à son implication dans les exactions « Algérie Française », il se retire en Espagne et meurt à Madrid en 1983.

André Achiary est décoré de la Légion d’Honneur en 1946, de la Médaille de la Résistance en novembre 1943.

Références au SHD: 

 

Pour en savoir plus:

Binot, Jean-Marc; Boyer Bernard, « Nom de code: BRUTUS. Histoire d’un réseau de la France Libre » , Editions France Loisirs, 2008, 481 pages.

Témoignage de Léon Achiary recueilli par Mme Patremonio à Alger le 6 octobre 1947.

Elections municipales en 1947. Prise de position du CDL pour des listes d’union patriotique et républicaine.

Avant les élections municipales de 1947, le Comité Département de Libération prend position, dans la presse locale, pour des listes d’union patriotique et républicaine.       Transcription de la déclaration du CDL  parue dans la presse locale en date du 24 février 1947. Le CDL des Basses-Pyrénées et les élections Pour hâter la victoire :… Lire la suite

Lescar. Un gendarme résistant.

Dans une déclaration officielle, en décembre 1944, le gendarme Moïse LAHARIE de la brigade de Lescar fait l’état de ses services de résistant pendant l’occupation allemande.         Transcription de la déclaration du gendarme Laharie.   GENDARMERIE NATIONALE                                 … Lire la suite

Eté 1944. Saint-Faust, une arrestation manquée.

Le chef Paul LAFONT , pseudo Martin, arrêté par la Gestapo, parvient à s’échapper grace à son sang froid.         Document interne des MUR. FORCES FRANCAISES DE L’INTERIEUR Secteur 2 1ère compagnie N° 25/JP Exécution des prescriptions de la note de service n° 163/B en date du 5/9/44 PROPISITION DE CITATION LAFONT… Lire la suite

Combats de l’été 1944. Accrochage entre douaniers allemands et éléments l’armée secrète. Herrère. 16 août 1944

Le 16 août 1944, à Herrère, des éléments du maquis A.S. (secteur 3) qui établissaient un barrage routier sont surpris par des douaniers allemands qui ouvrent le feu. Le combat fait une victime parmi les résistants.       Synthèse des combats de Herrère. Document interne des MUR. MAQUIS Engagement HERRERE 16 août 1944 –… Lire la suite

Combats de l’été 1944. Représailles à Nay. 12 juin 1944.

Le 12 juin 1944, le bouclage de Nay par un groupe F.T.P. provoque une action de représailles par les troupes allemandes d’occupation.           Le 18 janvier 1945, l’adjoint au maire de Nay – Camborde – rédige un rapport décrivant les actions de représailles conduites par les troupes allemandes d’occupation le 12… Lire la suite

Combats de l’été 1944. Combats de Rébénacq. 14 juin 1944.

Trois textes d’époque témoignent des combats de Rébénacq, proches du lieu-dit « Oeil du Néez », qui se déroulèrent le 14 juin 1944.         Document n°1: extrait du journal  » la IVème République » daté du 14 octobre 1944.   La voix des F.F.I. Action de guerre du maquis de Rébénacq. Sur ordre de RAMENA,… Lire la suite

Combats de l’été 1944. Départ des Allemands de Lescun. 23, 24 août 1944.

Août 1944, les troupes d’occupation allemandes quittent Lescun sous la pression des forces FFI présentes.         Compte rendu manuscrit du départ des troupes allemandes stationnées à Lescun, rédigé par Haure-Placé  responsable FFI local.. FFI, Vallée d’Aspe. Compte-rendu des opérations du groupe de Lescun. Mercredi 23 – Départ brusqué du poste allemand de… Lire la suite

Vient de paraitre. Emmanuel Saugeron. « ECRIRE POUR NE PAS MOURIR ». Les graffitis de la Villa Saint-Albert, siège de la Gestapo, à Pau.

A Pau, dans les caves de la villa Saint Albert (siège de la Gestapo pendant l’occupation allemande), des graffitis ont été redécouverts en 2021. « ECRIRE POUR NE PAS MOURIR » est un ouvrage bouleversant sur une découverte majeure de l’histoire paloise : les traces laissées par 47 hommes et femmes enfermés et torturés à la Villa Saint-Albert… Lire la suite

Actions de la section Selbert du Corps Franc Pomiés (C.F.P.) après la dislocation de la Colonne Soulé. 1944-1945

L’article est relatif au parcours du Groupe de maquisards de la section Selbert du C.F.P., formée principalement de Pontacquais. Au travers de cet article, nous allons suivre le parcours des maquisards de cette section Selbert au retour de la poursuite de l’ennemi jusqu’aux faubourgs d’Angoulême et la dislocation de la colonne Soulé. La fin de… Lire la suite

BACH André. Résistant isolé, oublié.

Jean Pierre Carlier a mis 12 ans pour écrire la biographie (1200 pages) d’André Bach, son grand-père. La conférence qu’il a donnée le 4 décembre 2025 dans le cadre de la Société des Sciences des Lettres et des Arts de Pau est consacrée aux dernières années d’A. Bach, résistant et déporté. Enfin, il s’interroge sur… Lire la suite

VILLALBA Luis. Souvenirs de Gurs.

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ANDREU Henri. Lycéen et Résistant.

Andreu Henri est né le 4 janvier 1924 à Laruns. Il s’implique dans la résistance dès l’hiver 1940 – 1941. Une série inédite d’archives familiales a permis à ses petits-enfants – Léa et Adrien Andreu – de retracer son parcours de résistant.       Adrien et Léa, petits enfants d’Henri Andreu. Vous vous apprêtez… Lire la suite