Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Juin 1944. Arudy. Le maquis s’approvisionne en essence et en huile!

Le 7 juin 1944, à Arudy, le maquis après avoir attaqué un poste à essence et la gendarmerie s’empare de 550l d’essence et de 180l d’huile.

 

 

 

 

Rapport du capitaine VINCENT, commandant la section de gendarmerie d’Oloron.

Transcription du rapport de gendarmerie en date du 8 juin 1944.

Le 7 juin 1944, vers 17h15, une douzaine d’individus armés de mitraillettes disposant d’une fourgonnette, ont enlevé 580l d’essence et 100l d’huile chez un garagiste d’Arudy. Les agresseurs tous âgés de 25 à 35 ans ont ensuite pris la direction de Pau.

Les faits se sont déroulés dans les conditions suivantes :

Vers 17h, Mme BARBE, épouse d’un dépositaire d’essence à Arudy, était sommée sous la menace des armes de livrer le tuyau et la manivelle de sa pompe à essence. Mme BARBE répondait que ces accessoires était détenus par la brigade de gendarmerie d’Arudy, les individus repartaient aussitôt , l’interruption du trafic téléphonique empêchât Mme BARBE d’alerter la brigade.

Quelques minutes plus tard, vers 17h05, l’adjudant LARODE qui revenait du logement qu’il occupe dans le bourg et se dirigeait vers la brigade était, au moment même où après avoir ouvert le portail il franchissait la grille de la cour de la caserne, entouré et menacé par 4 individus armés. Au même moment, 4 autres individus dépassaient les premiers, assaillaient le planton alors que ce dernier venant du casernement rentrait au bureau. Le reliquat du groupe disposé dans la rue surveillait les abords de la caserne.

L’adjudant LARODE sommé de livrer le tuyau et la manivelle gagnait du temps en niant posséder les accessoires et ignorer le détenteur.

Les agresseurs se sentant trompés devenaient plus violents et proféraient alors des menaces de mort à l’égard des « menteurs » et notamment de l’adjudant étant donné le refus de ce dernier d’ouvrir les portes de la caserne afin de leur livrer les accessoires. L’adjudant LARODE leur ayant alors répondu que les accessoires sont en principe détenus jusqu’à 18h par les garagistes, les individus repartaient aussitôt.

Ils se présentaient à nouveau, vers 17h15, chez Mme BARBE ; celle-ci fut alors obligée de s’exécuter et de livrer les quantités d’essence et d’huile signalées.

La brigade de gendarmerie d’Arudy est à l’effectif de 10 unités, 5 militaires sont logés à la caserne et les 5 autres occupent dans le bourg des logements pris à bail.

La caserne comprend un bâtiment à usage d’immeuble pour 5 militaires, un bureau extérieur au bâtiment principal (d’où la dangereuse obligation pour le planton de sortir dans la cour pour gagner cette pièce dans laquelle il est d’ailleurs isolé), une cour séparée de la rue par une grille placée sur un socle de pierre (hauteur totale 1,20m) (dès le 7 avril, le commandant de section avait décidé l’édification d’un mur de 2m et, jusqu’ici, on n’avait réparé que les piliers du portail).

Au moment où l’agression a été commise, seuls 2 militaires étaient présents dans le casernement. Il n’ont pas entendu et assisté à la scène d’ailleurs rapide et sans bruit qui se déroulait dans la cour.

De ce fait, l’adjudant et le planton étaient seuls pour face aux agresseurs. Il apparaît donc que les conditions dans lesquelles ils ont été mis hors de cause ne leur permettaient pas d’agir autrement. L’adjudant a tenté d’employer la ruse afin de décourager les agresseurs mais ces derbiers de cédant pas, il a encouru de graves dangers par la menace dont il a été l’objet.

Peu après, Mme BARBE signalait le départ des agresseurs et une patrouille établissait les conditions d’exécution de l’attentat et la direction prise.

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