Association BPSGM Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale 64000 Pau
Combats de l’été 1944. Départ des Allemands de Lescun. 23, 24 août 1944.
Août 1944, les troupes d’occupation allemandes quittent Lescun sous la pression des forces FFI présentes.
Compte rendu manuscrit du départ des troupes allemandes stationnées à Lescun, rédigé par Haure-Placé responsable FFI local..
FFI, Vallée d’Aspe.
Compte-rendu des opérations du groupe de Lescun.
Mercredi 23 – Départ brusqué du poste allemand de Lescun. Pris en surveillance pour voir la direction qu’il prend. On le voit se diriger vers Lées-Athas par le hameau de Anich.
Il se divise en 2 groupes : 10 hommes qui continuent leur marche vers Lées, 8 hommes qui descendent sur Farol. Les hommes surs sont alertés pour parer à toute éventualité.
Jeudi 24 – Je descends au point du jour, direction Bedous. Je rencontre Aillagos qui me signale un mouvement parmi les troupes allemandes de Bedous. Les FFI de la haute vallée vont attaquer le fort d’Urdos mais n’ont ni armes, ni munitions en quantité suffisante.
Eucher est réquisitionné pour, avec sa voiture, monter à Lescun. Le logement des Allemands est ouvert par effraction. Il n’y a qu’une mitrailleuse Hotchkiss et des munitions françaises et allemandes. On les charge sur la voiture à Eucher et on file sur la haute vallée aprés avoir chargé M. le maire de Lescun de sonner le tocsin et de réquisitionner hommes et armes en vue de la défense du village. Le sous-officier Lacourt Jean, résistant de la première heure, sera chargé de la direction de l’affaire.
La mitrailleuse sera remise aux FFI à la barricade du pont de Sebers. Retour vers la basse vallée.
Des soldats allemands sont passés au pont de Lescun dans la nuit de mercredi à jeudi et ont pris la direction de Lhers. Avant de remonter à Lescun pour prendre la direction du groupe qui va rechercher ces Allemands, je file sur Esquit pour demander au groupe espagnol qui défend ce passage s’il a besoin de munitions (il reste en effet une caisse de balles Lebel et plusieurs caisses de balles allemandes à Lescun – on n’avait pas tout descendu).
Nous sommes arrêtés à mi-côte de l’Estanguet par M. illisible .qui nous signale l’arrivée des Allemands. Nous n’avons que le temps de monter dans la broussaille à droite de la route après avoir abandonner la voiture.
Pendant ce temps, et conformément aux ordres reçus, les Lescunois sont descendus en armes jusqu’à la propriété Lestrumau qui domine la route nationale. En arrière, un autre groupe muni de haches, pioches et pelles est prêt sur un simple signal à barrer la route. Dans ce cas, le groupe armé se serait replié derrière le barrage pour le défendre.
Les Allemands se dirigent vers la haute vallée, les barrages ne sont pas établis et le groupe armé descend vers la route nationale. Les rares armes à longue portée sont utilisées pour tirer sur la colonne allemande.
Les hommes armés se joignent aux FFI.
A hauteur de la gare, vu le grand nombre de FFI qui poursuivent les Allemands, je renvoie le groupe de Lescun vers le village pour parer à un retour offensif des Allemands ayant traversé le pont de Lescun dans la nuit de mercredi à jeudi.
Signé : Haure-Placé

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