Association BPSGM Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale 64000 Pau
Lescar. Un gendarme résistant.
Dans une déclaration officielle, le gendarme Moïse LAHARIE de la brigade de Lescar fait l’état de ses services de résistant pendant l’occupation allemande.
Transcription de la déclaration du gendarme Laharie.
GENDARMERIE NATIONALE à Lescar, le 25 décembre 1944
18ème LEGION
Compagnie des Basses-Pyrénées
Section de Pau
Brigade de Lescar
DECLARATION
du gendarme LAHARIE, Moïse, de la brigade territoriale de LESCAR (Basses-Pyrénes)
sur son activité en faveur de la résistance pendant l’occupation allemande.
Affecté à la brigade de Lescar le 1er janvier 1941, après avoir été chassé de mon ancienne résidence ( Bayonne) par les allemands, je vous à ces derniers une haine farouche.
Ayant toujours regretté de n’avoir pu me battre contre eux au cours de la guerre 1939-1940 et, cela, malgré quatre demandes de ma part pour partir au front, j’ai dès que j’en ai eu l’occasion travaillé pour la résistance et cela sans arrière pensée.
Dès 1942,lors de l’occupation de la zone sud, les allemands se sont installés à la base du Pont-Long qui se trouve sur le territoire de la circonscription. C’est ainsi que j’ai pu de par mes fonctions connaître approximativement l’importance des troupes occupantes.
Etant en liaison directe avec le Chef de la résistance à LESCAR, Mr CARDEILLAT, Louis, adjudant-chef en retraite et Mr PERE, Albert, son adjoint, j’ai fourni à ces derniers tous les renseignements qu’il m’a été possible de recueillir.
Les mouvements de détachements allemands de la base partant en opérations contre le maquis m’étant signalés chaque fois que cela était possible par un ouvrier de la base, Mr AUTANT, résistant acharné. Je transmettais ces renseignements sans retard à CARDEILLAT.
D’autre part et sur la demande de ce dernier, j’ai fourni pendant la période trouble tous les renseignements utiles concernant le service de la brigade de la Brigade et cela pour faciliter les sabotages effectués par les groupes de LESCAR et de LONS. En accord avec le gendarme POSE, j’ai participé à des services de garde, tant de nuit que de jour, notamment sur la route 117 et la voie ont ferrée pendant les préparatifs de sabotage et cela pour éviter les rencontres fâcheuses qui auraient pu se produire entre les résistants et les allemands toujours en éveil.
Les recherches des S.T.O. ont été particulièrement nombreuses dans la circonscription et j’ai toujours fait preuve d’une inertie complète dans ce domaine, m’arrangeant chaque fois pour éviter le recherché, voire même le mettre en garde. Il m’est souvent arrivé de connaître leur refuge et j’ai fait preuve d’inertie.
En 1942, Mr le Docteur BARRERE de LESCAR que je connais depuis mon enfance ets venu me trouver et m’a demandé de bien vouloir l’aviser chaque fois que des mesures concernant les juifs parviendraient à ma connaissance. Il s’agissait d’éviter des ennuis à Mr ADELSON, David, demeurant à ARTIGUELOUVE. C’est avec empressement que je me suis engagé à fournir les renseignements demandés. J’avais pris le même engagement en faveur de Mr HRASKER, propriétaire à AUSSEVIELLE, décédé il y a un an environ.
J’ai, toujours et cela depuis le début de 1943, été en liaison avec Mr ROUAGNAN (1) Inspecteur de Police demeurant à Pau, chef d’un groupe au maquis, a qui j’ai fourni les renseignements relatés ci-dessus.
Le 9 août 1944, j’ai été détaché en qualité de chef de poste à la garde du dépôt d’essence de LESCAR, route de Bayonne, jusqu’au 24 août 1944. Cette fonction m’a permis de disposer d’un temps précieux qui a été employé à des liaisons constantes avec les chefs de la résistance à LESCAR, lors des préparatifs de départ des allemands.
J’affirme que toute mon activité a été déployée à l’insu de toute la brigade, sauf le gendarme POSE avec qui j’ai travaillé en liaison constante.
Si je n’ai pas signalé mon activité en faveur de la résistance, c’est que j’ai toujours agi selon ma conscience, en bon Français, et estimant que cette façon d’opérer était la seule acceptable.
D’autre part, je n’ai pas exposé les faits ci-dessus conformément à la note n°145/2 de monsieur l’Inspecteur du 5ème arrondissement de la gendarmerie à TOULOUSE en date du 25 octobre 1944, croyant que ceux-ci n’étaient pas assez marquants
Signé
Laharie
1): Il est probable que l’inspecteur de police évoqué par le gendarme soit l’inspecteur ROIGNANT. Voir l’article qui lui est consacré.
Source: Archives de l’association. Fonds Cardeillat
Référence du dossier de Moïse Laharie au S.H.D.


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