Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Combats de l’été 1944. Accrochage à Buzy, Buziet. 17 juillet 1944.

Le 17 juillet 1944, une unité bavaroise s’est scindée en 2 groupes qui attaquent simultanément des guérilleros à Buziet et les « ouvriers » du chantier de Buzy.

 

 

 

 

Synthèse des combats de Buziet et Buzy. Document interne des MUR.

Affaire de Buziet et du camp de Buzy.

17 juillet 1944 ; 14 heures

Une colonne allemand forte de 700 hommes environ arrive à 15h30 environ devant BUZY. Une partie de la formation se dirige vers BUZIET (1km de distance) pendant que le reste fait la pause.

La colonne atteignant BUZIET ouvre le feu sur la maison Anglade, PC des guérilleros espagnols. Ceux-ci, occupés à prendre leur repas, sont surpris en tentent de s’enfuir. Six personnes trouvent la mort.

    • Mme PRAT Anne, épouse Anglade, 70 ans, propriétaire de l’immeuble,

    • Les guérilleros : AMADO Francisco, CORRIO Diégo, PINEZ Andres, ANDRES Angel, FERRANDO Jose

Trois guérilleros qui avaient pu s’enfuir sont rattrapés par les Allemands et seront fusillés dans la cour d’une ferme voisine (chez Mlle Chicourat Berthe) le soir même. Il s’agit de : GIMENEZ Francisco, GIL Grégoire, FELIPE Antoni.

Suit une série de pillages dans la presque totalité du village.

Au cours des perquisitions, 2 ouvriers espagnols travaillant de nuit au chantier de BUZY et qui se reposaient sont surpris par les Allemands et emmenés dans un champ voisin et fusillés. Il s’agit de LOPEZ MELENCHON Francisco, 36 ans, groupe de travailleurs étrangers518 à Buzy, GOMEZ MELENCHON Narcisse, 37 ans, cousin du précédent, même formation.

Des guérilleros ont réussi à s’enfuir. Au cours de leur poursuite, les Allemands tirent sur la ferme CAMPAGNE et visent les fenêtres. Une balle traverse un contre-vent, atteint et tue Mme ARNAUD épouse CAMPAGNE Marie Louise, 52 ans, cultivatrice, mariée, un enfant.

En même temps que se déroulaient ces événements, les troupes allemandes stationnées à BUZY prenaient leurs dispositions de combat avec le chantier de Buzy comme objectif. Celui-ci fut attaqué vers 16h. Il y eut un tir préparatoire à la mitrailleuse puis l’assaut fut donné. Au cours de cette manœuvre, 3 hommes furent tués et 5 furent blessés.

Les 5 tués sont : LATAPY Romain, 65 ans, manœuvre, demeurant à Buzy.(l’épouse et la fille devaient subir une dépression nerveuse et être soignées à l’hôpital psychiatrique de Pau), PALU Séverin, 57 ans, manœuvre, demeurant à Buzy (la veuve atteinte de troubles mentaux également a du être soignée à Pau), MONGABURE Charles, 44 ans, manœuvre, célibataire.

Les blessés :

    • SABARIEGO CASTRO Francisco, espagnol, CTE 518, balle à la cheville

    • TARAGONA CALVO Pablo, espagnol, CFE 518, balle au mollet

    • ARMENTIAL GARCIA Ramon, espagnol, CTE 518, blessé au mollet

    • SABLE Jean François, blessé à la cuisse, (paralysé de la jambe par la suite)

Au total : 15 morts , 5 blessés.

Responsable : Compagnie de chasseurs bavarois, commandée par le lieutenant HEFFNER .

Rapport de gendarmerie dressé le 18 juillet 1944.

 

Brigade d’Oloron.

Combat entre Allemands et Guérilleros (17 juillet 1944)

(8 Espagnols et 2 femmes de la commune tués).

Ce jourd’hui 18 juillet 1944, nous soussignés, Moulié Jean m.d.l. chef et Lapassalet François, gendarmes à la résidence d’Oloron, avons été avisés par les soins du maire de la commune de Buziet que le 17 juillet vers 14h, un incident s’est produit entre les troupes allemandes et un groupe d’Espagnols ; huit de ces derniers avaient tués ainsi que 2 femmes de la localité.

Nous nous sommes immédiatement rendus dans la commune.

M.Berotte Louis, 45 ans, maire, nous déclare :

Hier, 17 juillet 1944, vers 21h, alors que je me trouvais chez un oncle, M. Casaneau Jean, aubergiste au bourg de Buziet où j’avais mangé avec ma femme et mes deux enfants, j’ai entendu le bruit des rafales de mitrailleuse en direction de la RN 618. Comme les balles sifflaient autour de l’habitation, je ne suis pas sorti. Une demi heure après les Allemands ont envahi l’auberge et, après avoir demandé à mon oncle s’il y avait ds gens du maquis dans la maison, ont perquisitionné l’habitation. Ils n’ont trouvé personne et ont continué à perquisitionner dans tout le village. Ils ont procédé à une vingtaine d’arrestations mais les ont remises en liberté à l’entrée de la nuit. Ne pouvant me rendre sur les lieux où avait lieu la fusillade, j’ai envoyé un commissionnaire prévenir la gendarmerie.

Aujourd’hui vers 8h, après le départ des troupes allemandes qui ont gardé le village toute la nuit, je me suis rendu à l’entrée du village et j’ai constaté que 8 cadavres, vraisemblablement des Espagnols, se trouvaient dans la prairie, dans la rue et dans une cour en bordure de la RN 618. Je ne connais pas ces hommes pour habiter la commune, mais il se peut qu’ils travaillaient à Buzy à l’entreprise St Cricq. J’ai également constaté que dans une maison en bordure de la-dite route se trouvait le cadavre de la propriétaire, Mme Anglade. M. Campagne,agriculteur, qui habite à 300m environ du lieu où se trouvaient les autres cadavres, est venu également me prévenir que sa femme avait été tuée, alors qu’elle se trouvait dans une chambre, par une balle perdue.

Voyant que ces cadavres avaient été abandonnés et pour la salubrité publique, j’ai téléphoné à la sous-préfecture d’Oloron afin qu’elle donne des ordres. Il m’a été répondu de me lettre en relation avec les autorités allemandes afin de solliciter d’h d’inhumer les cadavres. J’ai alors téléphoné à la kommandantur allemande à Pau et il m’a été répondu de faire procéder à l’enlèvement de ces corps. J’ai téléphoné à Oloron afin de faire venir un docteur .

Campagne Jean-Germain, 60 ans, cultivateur, nous déclare :

Hier 17 juillet vers 14h, je me trouvais à une fenêtre d’une chambre lorsque plusieurs camions allemands sont passé sur la RN 618. Les camions se sont arrêtés à l’entrée du bourg de Buziet et les soldats se sont dispersés en tirailleur. Plusieurs rafales de mitrailleuse ont été tirées. Ma femme qui se trouvait derrière moi, sur la porte de la chambre, me tirait par le bras pour qu’il ne m’arrive pas malheur, a été transpercée d’une balle et est tombée raide morte.

A 14h du même jour, en compagnie de M. le maire, du garde-champêtre et du Dr Gilbert, médecin légiste à Oloron, nous nous sommes rendu sur les lieux où se trouvent les cadavres.

La maison attaquée se troue à l’entrée ouest du bourg en bordure de la RN 618. 8 Espagnols ont été tués ainsi qu’une femme propriétaire de la maison. Il semble qu’à la vue des troupes allemandes, ces individus qui étaient entrain de manger aient voulu fuir par derrière l’habitation car les corps se retrouvent isolés. 4 d’entre eux se trouvaient à une vingtaine de mètres de la maison et le cinquième se trouvait à environ 200m de celle-ci.Tous les cinq portaient des blessures au corps et à la tête.

La propriétaire de la maison, Mme veuve Anglade, qui habitait seule dans la maison avec son locataire, le travailleur Amado Corvisa Francisco a été tuée à l’entrée de sa maison alors qu’elle voulait sortir.

3 autres cadavres sont allongés dans la cour d’une maison inhabitée et ont été exécutés pr balle dans la tête.

L’identification des 8 cadavres n’a pas pu être effectuée, ceux-ci ne possédant aucune pièce d’identité et étant inconnus dans la région (exception faite pour le locataire).

Le Dr Gilbert, après avoir examiné les 10 cadavres, a remis 10 certificats médicaux à M. le Maire qui sur leur vue a délivré les permis d’inhumer.

Etat civil des 2 femmes

Mme Campagne, Jean, née Sarthou Marie Louise née le 31 juillet 1892 à Ogeu-les-Bains

Mme Vve Anglade Pierre, née Prats Annale 21 août 1874 à Idron.

Source: fonds Baradat, archives de l’association.

Lieu de mémoire;

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