Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Réseaux-renseignements et/ou évasion- ayant opéré dans les Basses-Pyrénées. CASTILLE.

Castille

 

 

 

 

Réseau international de renseignements, de sauvegarde et de passage

         Appelé aussi réseau Pierre Fort, du nom de son chef.

         Le réseau a toujours été en étroites relations avec le BCRA de Londres.

         Il fonctionne sans interruption de 1941 à la Libération.

 

Création

         Il est créé par le capitaine Georges Bergé (Benedetti) le 24 mars 1941 à Bayonne.

         Les conditions de sa naissance sont décrites avec précision par Jean Crouzet, dont l’histoire personnelle recoupe largement celle des fondateurs. On peut en retenir que le capitaine Bergé, landais d’adoption, rejoint la Résistance dès le 20 juin 1940, date à laquelle il s’embarque pour Londres, depuis Saint-Jean-de-Luz, à bord du Sobieki ; le 24 juin, il est présenté à de Gaulle et, en septembre, il crée en Angleterre la 1ère Compagnie française de l’Air des FFL ; le 15 mars 1941, il commandite l’opération de parachutistes chargés de la mission Savannah. A la fin du mois de mars, il passe deux semaines décisives en Pays basque, au cours desquelles il organise les grandes structures du réseau de renseignements et d’action, auquel il donne le nom de Castille.

         Bergé s’appuie pour cela sur quatre personnages qui deviendront les principaux responsables de l’organisation :

– Adolphe Lacoste, son beau-frère, receveur des PTT à Tarnos

– Laurent Dagouassat, tenancier du poste d’essence de Tarnos, sur la RN 10

– Pierre Fort, directeur de la Caisse d’assurance sociale mutualiste de Bayonne

– André Cazalis, inspecteur des PTT.

         A l’exception de Dagouassat, tous ont en commun d’appartenir, d’une part, à la section bayonnaise de la SFIO et, d’autre part, à la loge maçonnique bayonnaise La Zélée, du Grand Orient de France.

Activités

         Le réseau se signale en 1941 par l’hébergement de trois missions de commando, à Mimizan, et par l’envoi au BCRA de Londres de nombreux dossiers d’informations.

         Son champ d’action correspond surtout à la zone occupée, ce dont Bergé était fier car il est particulièrement difficile de faire vivre un réseau de résistance sous l’occupation administration directe des Allemands.

         Il est commandé par Pierre Fort à partir de 1942. Ce dernier en sera toujours la figure centrale, y compris lorsque le réseau fusionne avec Confrérie-Notre-Dame, en mars 1943. C‘est une des raisons pour lesquelles on affirme souvent que Castille fut un réseau essentiellement basque, ce qui est inexact compte tenu de son large champ d’action, à travers toute l’Europe occidentale.

         Parmi les renseignements transmis à Londres, figurent l’emplacement des dépôts d’essence de la Wehrmacht, les plans des poudreries, les plans de situation de réparation des bateaux sur la côte basque, les plans de l’usine aéronautique Bréguet-Latécoère, les plans des logements des forces d’occupation, les informations sur la base sous-marine de Bordeaux, etc.

         Le réseau organise également des passages en Espagne par l’intermédiaire de son sous-réseau Elhorga. Il permet le passage de centaines d’aviateurs anglais et américains, d’officiers français et même de la sœur du général de Gaulle avec ses cinq enfants.

         Il est l’objet d’une constante répression de la part des Allemands : arrestation de Larquier et de Soubiran en 1942, puis de Cavalier l’année suivante.

         Il compta jusqu’à 150 agents.

 Principaux agents

Lucien BAILLON, ancien à Bayonne inspecteur de police

BAMBOUILLAC, électricien à Anglet

André CAZALIS, inspecteur des PTT

Georges CAZAUBON, photographe à Bayonne

Fernand CAZETOU, instituteur à Banca et aux Aldudes

Paul CHASSERIAUD, responsable à l’Aviron Bayonnais

Laurent DAGOUSSAT, tenancier de poste d’essence à Tarnos

Pierre DARBONNENS, agent SNCF

Georges DELORD, ingénieur-conseil à la Ville de Biarritz

Pierre DETCHEPARE, contrôleur PTT à Hendaye

Pierre ELORGHA, ancien douanier

Paul ERNIE, électricien à Biarritz

Ganech FAGOAGA, de Sare

Louisette FISSE, employée à la sous-préfecture

Edouiard FORGUES, ingénieur à la Ville de Biarritz

Pierre FORT, agent d’assurances

Charles GAUMONT, entrepreneur d’électricité à Biarritz

MAMEL, réparateur de postes de radio à Biarritz

Pierre HARGOUET, employé de mairie à Hendaye

Bernard HARISLUR, gardien-chef à la maison d’arrêt de Dax

Albert HICAUBERT, restaurateur à Port-de-Lanne et à Biarritz, beau-frère de P. Fort

Paul HOURMAYOU, employé à l’inscription maritime

Laurent IGUINITZ, moniteur d’auto-école

Pierre INCHAUSPÉ, passeur, déporté

Adolphe LACOSTE, receveur des PTT à Tarnos

Jean LAMOTHE, entrepreneur de BTP à Biarritz

Jean-Charles MARTINE, tenancier du café des Glacis à Bayonne

PYYADE, ingénieur à la Ville d’Anglet

Albert PUYOO, conducteur de train SNCF à Bayonne

Jérôme SOUMET, professeur d’Education physique

Marcel VIRAULT, interprète

Léon ZUBILLAGA

 

Références bibliographiques :

– CROUZET (Jean).  Aide-mémoire des années sombres. Atlantica. Biarritz, 2006

– ESTEBAN (Mixel).  Regards sur la deuxième guerre mondiale en Pays Basque. Elkar. Coll. Histoire. Bayonne, 2007,

– LAHARIE (Claude). « Les réseaux de résistance dans les Basses-Pyrénées », dans La Résistance dans le Sud-Ouest au regard d’autres espaces européens (1940 à nos jours). Éditions Cairn, Pau, 2016

– POULLENOT (Louis). Basses-Pyrénées. Occupation. Libération. 1940-1945. J & D Éditions. Biarritz. 1995

 

 

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