Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Lescar. Albert POSE. Gendarme résistant.

Dans une déclaration officielle, en décembre 1944, le gendarme Albert POSE de la brigade de Lescar fait l’état de ses services de résistant pendant l’occupation allemande.

 

 

 

Transcription de la déclaration du gendarme Pose.  

 

GENDARMERIE NATIONALE

18éme Légion

Compagnie des Basses-Pyrénées

Section de Pau

Brigade de Lescar

DECLARATION

du gendarme POSE (Albert), de la brigade de Lescar (Basses-Pyrénées)

sur son activité en faveur de la résistance pendant l’occupation allemande.

En ce début d’année 1944, j’ai été en liaison permanente avec Mrs CARDEILLAT Louis et PERE Albert, chefs de la résistance du Canton de Lescar. Pendant mes heures de loisir, j’ m’occupais spécialement sur leur demande d’obtenir de par ma fonction des renseignements sue les mouvements et sur l’importance de l’aviation cotonnée à la base du Pont-Long.

Comme la brigade avait accès au terrain d’aviation ; il m’était permis d’interroger discrètement certains chefs d’entreprises et ouvriers travaillant pour le compte des allemands sur :

Nombre d’avions avec leur armement

Nombre de soldats allemands

Défense armée de la base d’aviation.

Un jour aussi vers le 5 ou le 6 août 1944, sur la route nationale 645, ayant engagé une conversation avec une sentinelle allemande qui assurait la garde de certains dépôts de bombes d’avion et après avoir mis cette dernière en confiance, j’ai acquis la certitude que que les troupes allemandes allaient quitter le midi de la France et que le dépôts de bombes seraient détruits sur place. Ce renseignement a été mis à l’évidence car les allemands ont quité une partie du sud-ouest le 2 août 1944 et une grande partie des bombes détruites.

A divers reprise, j’ai acquis des renseignements en interrogeant avant leur départ des chauffeurs français réquisitionnés sur les lieux de transport des unités allemandes contre les maquis.

Étant parfaitement au courant des expéditions de destruction par le groupe « FFI » de Lescar, contre la voie ferrée Toulouse – Bayonne et les platanes situés en bordure de la route nationale 117, et comme la gendarmerie était tolérée de circuler pendant le couvre-feu, quelques fois j’allais en bicyclette seul au devant des équipes de destruction pour vérifier si la voie était libre, afin d’éviter à celle-ci une rencontre avec les patrouilles allemandes. Le lendemain à la prise de service, avec un camarade, nous allions procéder à l’enquête d’usage mais celle-ci était toujours négative n’ayant aucune preuve pour découvrir les auteurs.

Dans le courant du mois de juin 1944, sur la demande des deux chefs de la résistance, je me suis rendu à Pau en vue d’effectuer l’achat de piles électriques et de tiers points, matériel très rare et de première nécessité pour les équipes de destruction. Connaissant particulièrement certains quincailliers, j’ai obtenu satisfaction et l’équipe de Lescar a pu continuer la lutte farouche contre l’allemand.

Entre 1 heure et 5 heures, en compagnie de mon camarade LAHARIE, j’ai effectué diverses patrouilles sur la route nationale 117, pendant que les équipes de Lescar plaçaient des pétards contre des pylônes et sur la voie ferrée.

Plusieurs fois, j’ai fait la liaison entre le groupe de Lescar et certains groupes des communes de la circonscription.

J’ai lutté aussi de ma propre initiative contre le STO. Ainsi, plusieurs jeunes, suivant mes conseils, se sont cachés pour échapper à la déportation.

Excepté mon camarade LAHARIE, qui assistait avec moi aux diverses réunions tous ces faits et gestes sont resté secrets et, de ce fait, les autres de la brigade ignoraient notre activité en faveur de la résistance.

Mon activité en faveur de la résistance m’ayant été dictée par ma conscience de français et la haine que j’ai toujours éprouvé contre l’allemand, je n’ai pas cru devoir signaler moi-même les faits ci-dessus, estimant que cette façon d’agir était loyale.

D’autre part, je n’ai pas cru non plus devoir exposer mon activité envers la résistance, car mes faits et gestes en leur faveur émanaient uniquement de ma propre initiative, et je ne les ai ps jugés assez saillants pour les signaler conformément à la note n°145/2 de Mr l’Inspecteur du 5ème arrondissement de la Gendarmerie en date du 25 octobre 1944.

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