Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Les frères Schwartzenberg. Raymond et Jacques.

La rédaction de cet article, par Valérie Trémaudant et Michèle Vallaud, est l’aboutissement de recherches documentaires effectuées essentiellement au sein des Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques. Le témoignage de Nadine Marie-Schwartzenberg, sœur cadette de Raymond et Jacques, a permis de compléter ce travail qui se veut avant tout une synthèse précise des faits, mais certainement non exhaustive.

 

Les frères Schwartzenberg :

destin tragique de deux jeunes résistants juifs, élèves au lycée Louis-Barthou en 1943

                

Raymond                     Jacques

(Fonds privé Nadine Marie-Schwartzenberg)

 

Raymond et Jacques Schwartzenberg, nés dans une famille juive qui se réfugie à Pau en juin 1940,

sont arrêtés en février 1943 pour fait de sabotage.

Ils sont déportés à Mauthausen où ils décèdent le 13 décembre 1943.

 

 

L’arrivée à Pau de la famille Schwartzenberg

Raymond, né le 28 mars 1925 à Paris, et Jacques, né le 10 mars 1926 à Paris, sont les fils de Simon Schwartzenberg, industriel en bonneterie, et de Germaine née Kissler, juifs d’origine roumaine. Arrivés de Paris, ils se réfugient à Pau en juin 1940 alors en « zone libre ». Le département des Basses-Pyrénées, proche de la frontière espagnole, voit arriver à cette période un afflux important de réfugiés de toutes origines dont de nombreux juifs. Après quelques jours passés à l’hôtel, la famille Schwartzenberg s’installe 20 rue Gassion dans un appartement loué par un commerçant de Pau, Monsieur Baylocq. D’autres membres de la famille s’installent également à Pau.

Les quatre fils aînés, Léon (né le 2 décembre 1923), Raymond, Jacques et Gilbert (né le 4 décembre 1928) sont inscrits au lycée Louis-Barthou1. Ils ont également trois sœurs, Lilyane (née en 1931), Colette (née en 1934) et Nadine (née en 1941). En 1941, Léon, le frère aîné, souhaite poursuivre ses études en médecine à la faculté de Toulouse mais le numerus clausus imposé aux juifs par le régime de Vichy le lui interdit. Il s’inscrit alors en droit. Dès juillet 1942, il s’engage dans la Résistance et, plus tard, intègrera le Corps Franc Pommiès. Il deviendra professeur de médecine et cancérologue de renom.

 

Fiches élèves de Jacques et Raymond au lycée de Pau.

Octobre 1942 – 24 février 1943.

Copyright Lycée Louis-Barthou Pau.

 

L’engagement dans la Résistance : l’affaire du sabotage

 

 

A partir du 11 novembre 1942, la « zone libre » du département est occupée : les Allemands s’installent à Pau. L’hôtel de France, place Royale, abrite la kommandantur 732. Fin décembre 1942, le service de police allemand, couramment désigné par les initiales SD et l’appellation Gestapo, s’installe villa Saint-Albert, 72 avenue Trespoey.

Raymond (17 ans) et Jacques (16 ans), élèves en 1ère Moderne au lycée Louis-Barthou2, avec d’autres camarades, distribuent le journal clandestin Combat. Début février 1943, Raymond, en compagnie d’un ancien élève, Jean Proubet, repère, place Royale, proche de l’hôtel de France, la mise en place d’un réseau téléphonique permettant les liaisons entre le commandement militaire et les divers cantonnements. Mais cette installation, provisoire et défectueuse, oblige la diffusion par la préfecture des Basses-Pyrénées, à la demande des Allemands, d’un communiqué dans la presse menaçant de « sanctions très graves » pour tout acte de sabotage de ces fils électriques3.

Malgré la menace, Raymond et Jean Proubet décident de « faire un coup ». Rejoints par Charles Péré-Lahaille (élève au lycée en philosophie-science) et Roger Loriaut (employé à la banque BNCI et chef d’un groupe local de résistance affilié à Combat), ils se réunissent au café Continental. Ils décident de passer à l’action et mettent au point un plan. Raymond, Charles Péré-Lahaille et Jean Proubet réaliseront le sabotage. Ce dernier se fait même prêter une paire de petits ciseaux par un garçon du Continental4 !

Le 23 février 1943, les Allemands constatent que les lignes téléphoniques de leur réseau ont été sectionnées à proximité du boulevard des Pyrénées. Raymond, Jacques, Charles Péré-Lahaille et Roger Loriaut sont dénoncés par « leur camarade » Jean Proubet. En effet, celui-ci, employé en tant que métreur en bâtiments à Pau, distribue les journaux clandestins donnés par Raymond, mais parallèlement, il renseigne régulièrement un certain Marcel Minvielle, membre du SOL5, sur les activités de résistance de ce groupe. Proubet l’informe du futur sabotage. Adolphe Debus, employé comme interprète de la Gestapo à la villa Saint-Albert, confirmera, lors de son témoignage au procès de Proubet6, que le sabotage a été annoncé au SD par Monsieur Durst, de la Commission d’Armistice7 : il tenait l’information du SOL. C’est ainsi que les agents de la Gestapo connaissent l’adresse des Schwartzenberg et font le guet devant l’immeuble rue Gassion.

Le lendemain du sabotage, commis la nuit du 16 au 17 février8, Jean Proubet rapporte les faits à Marcel Minvielle. Ce dernier insiste pour qu’il l’accompagne au siège du SOL, installé rue Louis-Barthou, afin « d’arranger l’affaire ». Le secrétaire départemental, Jean Vivent, répond : « On verra. »9.

 

Réaction de la Gestapo : les arrestations

 

Le mercredi 24 février 1943, Jean Proubet est arrêté chez lui à 6 heures du matin. A 7h3010, « à l’heure du laitier », quatre membres de la Gestapo, accompagnés de Jean Proubet, se rendent en voiture au domicile des Schwartzenberg. Gilbert, le frère cadet de Raymond et Jacques, ouvre la porte et appelle son père qui pense, dans un premier temps, que les Allemands sont à la recherche de Léon. Raymond, qui a juste eu le temps de jeter les journaux Combat dans les toilettes, est arrêté à son tour. Son père le voit partir dans la rue, encadré par la Gestapo : il ne le reverra plus. Depuis ce jour, Simon, violoniste, rangera son instrument pour toujours.

Raymond et Jean Proubet sont emmenés à la villa Saint-Albert et interrogés. Gilbert réussit à avertir Charles Péré-Lahaille11 mais cela n’empêchera pas son arrestation dans la matinée au sein du lycée, et malgré la contestation du proviseur, Monsieur Thauzies, qui adresse un rapport à l’inspecteur d’académie le jour même. Jacques, prévenu par son oncle, n’a pas souhaité s’enfuir car il pense pouvoir faire quelque chose pour son frère. Il est arrêté devant le lycée vers 12 heures par des policiers allemands en civil ; « Les autorités allemandes tenaient à traiter elles-mêmes cette affaire, à l’exclusion de la police française »12.

Cette arrestation suscite une très forte émotion au sein de l’établissement. Des élèves accusent « les nommés Corbel et Barrague » d’avoir dénoncé les trois lycéens, d’autres « désapprouvent la présumée dénonciation », au point que l’inspecteur d’académie face à ce « fâcheux état d’esprit » repousse la reprise des cours, prévue le 3 mars, au 1213. Une autre réaction au sein du lycée : celle de Robert Tric, professeur de philosophie, dont aucun de ces élèves n’est présent dans sa classe. Il demande une entrevue au préfet afin d’intervenir auprès des autorités allemandes pour obtenir leur libération mais en vain14.

Après l’arrestation des trois lycéens, en fin de matinée du 24 février, la Gestapo emmène Jean Proubet en voiture afin de désigner Roger Loriaut à la sortie de son travail, à la BNCI. Repéré devant la préfecture, il est arrêté. Jean Proubet est libéré le lendemain, 25 février : la Gestapo aurait fait semblant de le soupçonner afin d’éviter les représailles envers le traitre. Roger Loriaut est aussi relâché, une perquisition à son domicile n’ayant rien donné

De son côté, le père de Raymond et de Jacques, accompagné d’un ami, tente d’intervenir pour leur libération par l’intermédiaire de Louis Perego, délégué de la Croix Rouge italienne. Ce dernier se rend à la villa Saint-Albert mais la réponse des Allemands est : « […] pour les juifs, il n’y a rien à faire […] »15.

« […] parmi les quatre élèves, se trouvent par hasard, deux Israélites, deux frères nommés Schwartzenberg […] ». C’est en ces termes tout aussi significatifs qu’un rapport secret, établi le 10 mars 1943 sur l’état de l’opinion par le chef régional de la censure à Pau, est adressé au chef des services de la censure à Vichy16. D’autres notes manuscrites mentionnent clairement « 2 juifs » parmi les auteurs de l’attentat. De même, le proviseur termine sa lettre du 24 février adressée à l’inspecteur d’académie en ces termes : « Je suis informé qu’ont été également arrêtés SCHWARTZENBERG Jacques, frère du précédent, élève de 1ère Moderne, et SIMON Raoul, de 2e C. Les deux SCHWARTZENBERG et SIMON sont juifs »17.

Comment ne pas s’interroger sur les motifs réels des arrestations devant l’insistance à mentionner le fait qu’ils soient juifs ? Certes des actes de résistance mais commis par des juifs.

 

La déportation à Mauthausen : deux frères unis dans la mort

 

Après l’arrestation, Raymond et Jacques sont gardés à la villa Saint-Albert. Avec Charles Péré-Lahaille, ils vont ensuite être internés au Fort du Hâ à Bordeaux, jusqu’en avril 194318, puis à Compiègne et à Metz19. Lors de leur internement au fort du Hâ, Raymond parvient à envoyer une lettre à ses parents dans laquelle il leur indique « Méfiez-vous de John, il est contagieux, et surtout contamine les autres. », « John était le prénom de Proubet »20. Jacques, ayant contracté une jaunisse, séjourne quelques temps dans un hôpital parisien d’où il fera parvenir une lettre à ses parents mentionnant la visite de son grand-père maternel, seul membre de la famille à être resté à Paris.

Étant toujours sans nouvelles des deux frères, la famille tente une requête auprès de Monsieur de Brinon, ambassadeur de France, secrétaire d’État auprès du chef du gouvernement, délégué général du gouvernement français dans les territoires occupés. Le 10 juillet 1943, celui-ci adresse une lettre au préfet des Basses-Pyrénées, Paul-Émile Grimaud, lui demandant une « enquête sur les motifs de l’arrestation et d’intervenir […] en leur faveur auprès des autorités allemandes locales ». Le 28 juillet 1943, le préfet répond en ces termes : « […] je ne possède aucun renseignement sur le lieu actuel de détention des frères SCHWARTZENBERG et qu’il ne me paraît pas possible d’effectuer utilement une nouvelle démarche en leur faveur »21.

           Carrière de Mathausen

 

Raymond et Jacques sont déportés au camp de concentration de Mauthausen dans le convoi n°86. Ils meurent le 13 décembre 1943. Officiellement, les archives du camp, mentionnent comme cause de leur mort « auf der Flucht erschossen worden » qui signifie « abattu en essayant de s’échapper » 22. Mais la réalité est toute autre ; on peut lire un témoignage poignant de leur mort dans le livre de Nicole Attia relatant la vie de son père, Jo Attia, truand et résistant23. Interné à la même période, il est témoin de leur mort tragique dans la carrière du camp. Leur frère Léon apprendra leur décès à la Libération. Il évoque également cette scène dans son livre intitulé Face à la détresse24.

 

 

Quel fut le destin des deux autres camarades arrêtés ?

Charles Péré-Lahaille (dit Charlot), ami de Léon Schwartzenberg, né le 4 juillet 1923 à Ahaxe, cadet d’une famille de cinq enfants, est domicilié avec sa mère, institutrice à Meillon25. Il est également arrêté ce 24 février. Il réussira à s’enfuir au cours d’un transfert qui l’amenait en déportation ; repris, il s’échappera plusieurs fois des camps de concentration. « De source sûre », il affirme dans son témoignage recueilli pour le procès de Jean Proubet, que ce dernier, ayant appris sa fuite des camps, aurait cherché à le retrouver à Paris lors d’un séjour en août 194426. Charles Péré-Lahaille deviendra architecte. Il sera l’invité avec Lilyane et Nadine Schwartzenberg de l’assemblée générale des anciens du lycée Louis-Barthou de Pau, le 5 décembre 200427.

Quant à Roger Loriaut, né le 6 mars 1922 à Nancy, il est le fils de Robert Loriaut, adjoint direct de Bénédict Rodriguez, créateur de l’armée secrète du département. Chef d’un groupe de résistance locale appartenant à Combat, Roger travaille à la BNCI (Banque Nationale pour le Commerce et l’Industrie). Il est arrêté, puis relâché. Mais plus tard, il sera déporté à Dachau d’où il reviendra.

                                               

                                                                   La Républiques des Pyrénées  06/12/2004                           Sud-ouest 06/12/2004

La République des Pyrénées  02/12/2004

 

Le procès de Jean Proubet, le traitre

 

Jean Proubet, qui a dénoncé Raymond et Jacques, est né le 26 mai 1924 à Bayonne, fils d’un contrôleur des PTT et d’une institutrice. Il quitte le lycée Louis-Barthou en classe de première après l’échec à la 1ère partie du baccalauréat. Il entre au cabinet Galtier en tant que dessinateur puis métreur en bâtiments.

Il est arrêté le lendemain de la Libération de Pau, le 21 août 1944. Interné à la maison d’arrêt de Pau jusqu’au 22 octobre, il est ensuite détenu au camp d’Idron jusqu’au 9 janvier 1945 avant de retourner à la maison d’arrêt28. Il est jugé le 22 février 1945 par la cour spéciale de justice, et condamné à vingt ans de travaux forcés « pour trahison et atteinte à la sûreté extérieure de l’État »29. Léon Schwartzenberg et Charles Péré-Lahaille témoignent lors de ce procès30.

Ce 22 février 1945 vers 20 heures, à la sortie du palais de justice de Pau, Jean Proubet, accompagné, par trois gendarmes et menotté à un autre détenu, se rend à pied à la prison, les véhicules de police étant exceptionnellement indisponibles. Une voiture, phares allumés, passe à quelques mètres des cinq hommes. Jean Proubet est blessé d’un coup de révolver à l’angle de la rue Viard et de la rue Lavigne31. Il meurt le 2 mars des suites de ses blessures32. Qui a tiré sur Jean Proubet ?

Louis Perego, délégué de la Croix-Rouge italienne, et Charles Péré-Lahaille, lors de leur témoignage au procès, évoquent également le nom d’un autre dénonciateur possible, Charles dit : « L’existence de notre groupe clandestin avait été signalé à la Gestapo par le nommé Bourragué »33. La dénonciation et la trahison étaient malheureusement constantes dans cette période trouble.

La famille Schwartzenberg quitte définitivement la ville de Pau quelque temps après la signature de la capitulation du 8 mai 1945.

 

Lieux de mémoire de la famille Schwartzenberg

 

 

La scène de l’arrestation des deux frères est représentée au lycée Louis-Barthou sur La fresque du centenaire. Peinte par Bernard Nogaro en 1998, pour l’Amicale des Anciens du lycée, elle se trouve dans le couloir jouxtant la salle des professeurs.

 

 

Les noms de Raymond et Jacques Schwartzenberg sont inscrits sur la plaque commémorative du monument aux morts du lycée Louis-Barthou. Elle est apposée au parloir du lycée.

 

 

 

 

Une rue de Pau porte le nom de Léon Schwartzenberg, grand cancérologue et frère aîné de Raymond et Jacques, inaugurée le 17 mai 2004 par André Labarrère, maire de Pau, dans le nouveau Pôle de santé34.

Une demande formulée auprès du conseil municipal de Pau après 2004, notamment par Marie-José Delhomme, une amie de la famille, afin d’apposer une plaque commémorative ou d’attribuer une rue aux noms des deux frères, n’a pas abouti.

 

Le mur du Mémorial de la Shoah à Paris ne mentionne pas le nom des deux frères. En effet, ils sont considérés comme morts pour faits de Résistance, ce qui est exact, mais incomplet35.

Annexes36

I – JO ATTIA

Pages 84 et 85

[…] Le dernier jour. Devant Jo, dans la montée de la carrière, deux gosses, les frères Schwarzenberg, deux juifs de dix-sept et dix-huit ans. Brusquement Raymond, le plus jeune, s’écroule. Son maigre corps où les côtes saillent sous la peau meurtrie est écrasé sous la lourde charge. Son frère, Jacques, veut le dégager en faisant basculer le bloc dans le vide. Mais Raymond refuse d’aller plus loin.

Jo le relève.

  • Allons, môme, tu ne peux pas rester là, faut avancer sinon tu vas crever.
  • Je m’en fous, je suis à bout.

Un S.S. surgit. Pourquoi la colonne s’est-elle arrêtée ? Un interprète lui explique. Le fridolin ricane. Il tient l’aîné aussi pour responsable puisqu’il a jeté le granit. Il parle au gars qui traduit. Celui-ci devient blême, il ne sait comment rapporter les propos.

L’un des deux frères doit être puni de mort. Lequel ? C’est à eux de décider. Ils vont se battre sur le rebord du précipice jusqu’à ce que l’un d’eux tombe dans la carrière. L’autre aura la vie sauve. Voilà ce qu’a imaginé le S.S.

Jo et quelques autres s’indignent, ce qui leur vaut une volée de coups. Déjà kapos et S.S. se sont installés pour le spectacle. Raymond pleure et refuse de se battre avec Jacques. Les gardes sont furieux et frappent les deux gosses à coups de crosse, leur ordonnant de combattre.

Jacques, sans un mot, prend la main de son frère et l’entraîne. Ils sautent dans le vide et leurs corps rebondissent cent mètres plus bas sur les blocs ; leurs cadavres pantelants viennent s’écraser devant les détenus qui extraient la pierre.

Tous ont encore cette épouvantable scène au cœur quand ils rentrent le soir au baraquement. […].

II – LOUIS POULLENOT

Pages 236 et 237

[…] L’arrestation des frères Schwartzenberg

En février 1943, les Allemands qui viennent d’occuper (12 novembre 1942) le département des Basses-Pyrénées jusqu’alors bénéficiaire du statut de « zone libre », poursuivent leur plan d’installation.

A Pau, ils procèdent, entre autres travaux, à la mise en place d’un réseau téléphonique de campagne : il s’agit de lignes permettant d’établir des liaisons entre le commandement militaire et les divers cantonnements de leurs propres troupes situés aux alentours de la ville.

Le 23 février, ils constatent que ces lignes installées aux abords du Boulevard des Pyrénées et de la Place Royale dans des conditions défectueuses qui les rendent vulnérables, ont été sectionnées. Aucun doute, il s’agit d’un sabotage. Ils alertent leur service de police.

Une enquête est ouverte. Le lendemain 24 février un détachement de la S.D. (Gestapo) se présente au lycée de Pau.

Des élèves sont interrogés. Cinq d’entre eux sont soupçonnés d’être les auteurs du sabotage : Proubet Jean, né le 26 mai 1924 à Bayonne (Basses-Pyrénées), Père-Lahaille Charles, né le 4 juillet 1923 à Ahaxe (Basses-Pyrénées), Loriot Roger, né le 5 mars 1922, Schwartzenberg Bernard, né le 28 mars 1925 à Paris, Schwartzenberg Jacques (frère du précédent), né le 25 mars 1926 à Paris.

Après interrogatoire, ils décident l’arrestation du jeune Père-Lahaille. Elle a lieu à l’intérieur du lycée.

Monsieur Spotti, Commissaire Français de Police Judiciaire, informé de l’incident, se rend immédiatement au Siège de la Police Allemande. Il lui est signifié, de manière courtoise mais ferme et sans appel, que les Autorités Allemandes tiennent à traiter, elles-mêmes, cette affaire, sans le concours de la Police Française.

Les Allemands demandent, par le canal de leur Etat Major de liaison, que des dispositions soient prises en vue de prévenir le retour de pareils agissements et qu’un avis soit inséré dans la presse locale pour inviter la population à respecter les installations allemandes.

Elles font néanmoins appel à un inspecteur de la 17e bridage de sûreté française, pour procéder à une perquisition au domicile de Roger Loriot, opération qui s’avère entièrement négative.

De son côté, le Préfet fait diffuser un communiqué dans la presse locale pour que de tels faits ne se renouvellent pas. Il ordonne, en outre, à la police urbaine d’exercer une surveillance sur les lignes téléphoniques de l’occupant.

L’incident paraissait ainsi terminé, lorsque les Allemands décident d’arrêter tous les élèves soupçonnés.

Le 26 février, à 7h30, l’aîné des frères Schwartzenberg, Bernard, est arrêté à son domicile, 20, rue Gassion à Pau. Son frère cadet, Jacques, n’a pas voulu suivre les conseils de ses camarades de classe qui l’incitaient à prendre la fuite. Il a été arrêté, à son tour, dans l’après-midi.

Les frères Schwartzenberg, tous deux israélites, avaient déjà choisi, malgré leur jeune âge de lutter contre l’occupant : ils distribuaient, en cachette, à leurs camarades des journaux clandestins édités par les Mouvements de Résistance.

Tous deux ont été déportés dans les camps de la mort et ne sont pas revenus.

Le déroulement de cette affaire, dont plusieurs points manquaient en netteté, a été l’objet d’une mise en scène de la Police Allemande.

En réalité, les frères Schwartzenberg auraient été dénoncés par l’un de leurs camarades de classe (Proubet) que la Police Allemande avait intégré dans le groupe des élèves soupçonnés et arrêtés, au même titre que les autres, dans le but de le protéger du châtiment que suscitait son acte de trahison et de délation.

Loriot a été relâché. Père-Lahaille dont l’arrestation avait été maintenue pour des raisons ignorées de tous, a réussi à s’évader au cours d’un transfert.

A la libération du département, Proubet a comparu devant la Cour de Justice des Pyrénées-Atlantiques. Il a été condamné par cette juridiction d’exception à 20 ans de travaux forcés.

Après son jugement, alors qu’il regagnait sa cellule à la Maison d’Arrêt de Pau, à 20 heures, à pied et entre deux gendarmes, comme cela s’effectuait à l’époque, des inconnus venus sur les lieux en automobile, l’ont tué par balles.[…].

III – LÉON SCHWARTZENBERG

Pages 233 à 235

[…] Un matin de février 1943, à l’aube, trois jeunes élèves du lycée de Pau sont arrêtés par la Gestapo. Ils ont, quelques jours plus tôt, sectionné les lignes téléphoniques qui permettaient au commandement de l’armée allemande dans le chef-lieu des Basses-Pyrénées (devenues depuis lors Pyrénées-Atlantiques) de joindre les unités stationnées le long de la frontière espagnole. Un de leurs camarades de lycée les a dénoncés : on le verra par la suite sortir de la villa où siège la Gestapo.

Le professeur de la classe de philosophie, dont aucun des élèves arrêtés ne figure parmi les siens (ils sont plus jeunes : quinze à seize ans), demande une entrevue au préfet du département.

  • Monsieur le préfet, je viens vous voir pour les trois enfants qui ont été arrêtés aujourd’hui.
  • Vous savez, répond le préfet, le commandant allemand m’a fait savoir qu’ils sont coupables d’un acte qu’on peut qualifier de terroriste : ils ont interrompu les communications de l’armée d’occupation.
  • Peut-être, mais ce sont des enfants, monsieur le préfet.

– Oui, mais coupables tout de même. Je ne les qualifierai pas de terroristes, mais de s’être rendus coupables d’un acte d’une extrême gravité.

  • En effet, monsieur le préfet.
  • De sabotage, précise le haut fonctionnaire.

– Monsieur le préfet, je ne viens pas discuter de la nature de l’acte ni de sa qualification, je viens parler avec vous, d’homme à homme, de ces écoliers, de ces tout jeunes gens, et vous prier d’intercéder, avec tout votre poids, pour obtenir qu’ils soient relâchés.

– Mais c’est impossible! Vous n’imaginez tout de même pas que je puisse demander qu’on tienne pour anodins des agissements semblables ?

Puis, après un silence, le préfet semble se radoucir :

  • Vraiment, je ne vois pas ce que je peux faire.
  • Allez au moins voir le commandant, lui suggère le professeur.

– Je vais essayer de lui téléphoner. Mais c’est vraiment sans garantie et presque sans espoir.

Devant la détresse du professeur, il ajoute :

  • Je comprends ce qui vous incite à agir : vous êtes père, vous aussi.

Alors, à bout de discours, le professeur de philosophie lâche :

– Vous voyez, monsieur le préfet, ma démarche pour sauver ces enfants, ces écoliers, – je vous prie d’excuser et comprendre les termes que je vais utiliser, mais ce sont ceux de mon métier…-, monsieur le préfet, la liberté de ces enfants est pour moi une question métaphysique !

– Les écoliers seront tous trois déportés ; deux seront assassinés, le troisième réussira à s’évader.

Le professeur de philosophie s’appelait Robert Tric.[…].

Pages 237 à 242

           Mauthausen

Il m’est arrivé de rencontrer des personnages aux multiples facettes. L’un de ceux qui m’ont le plus impressionné, séduit, et que j’ai presque aimé (pourquoi le nier ?), a fait partie de ce qu’on appelle le grand banditisme : Jo Attia.

Ses activités le conduisirent, pendant la guerre, à participer à un réseau de Résistance qui organisait des passages à la frontière espagnole. Il fut arrêté et déporté à Mauthausen, camp de concentration appartenant à la sinistre catégorie Natcht und Nebel (Nuit et Brouillard), un camp d’extermination.

Une carrière de quatre cent mètres de diamètre aux parois abruptes d’une soixantaine de mètres de haut, et cent quatre-vingt-six marches à gravir plusieurs fois par jour : tel était le lieu de travail des déportés chargés de pierres dont le poids était à la limite de ce qu’ils pouvaient supporter.

Le 13 décembre 1943, Jo Attia travaillait au marteau-piqueur avec un copain.

On tient de lui le récit que voici37 :

« A une vingtaine de mètres du sommet, l’avance est ralentie par un groupe de quatre SS gueulant à qui mieux mieux, s’encourageant au crime en quelque sorte. Leur fureur s’exerce à l’encontre de deux jeunes gens de seize ans, deux garçons juifs, des jumeaux bruns bouclés inséparables, les frères Schwartzenberg. Jo les connaît bien et leur porte une tendresse spontanée car, pour lui, ils représentent l’idéal en ce bas monde, la perfection : ils sont frangins, se ressemblent, vivent la même vie sans jamais se quitter.

Comme souvent chez les jumeaux, l’un est plus faible. Des deux, Raymond Schwartzenberg est le moins bien charpenté, le moins préparé aux épreuves physiques. Le plus coléreux aussi. Voilà qu’il est en train de craquer. Il en a assez des bousculades, de la schlague, du gummi. Il n’en peut plus de son corps vidé d’énergie. Il se refuse à ce que son frère Jacques, plus robuste, perde le meilleur de ses forces en venant à son aide, écopant de la moitié des brutalités infligées en punition de ses propres défaillances. Raymond vient de comprendre qu’il ne pourra pas aller plus loin. Les jambes molles, la bile remontant sans cesse dans sa bouche, le noyant d’amertume, le rocher arrachant les chairs de ses mains jusqu’aux os. Seul son déséquilibre le porte en avant. Il zizague, tombe, se relève. Subitement, plutôt que de continuer à monter, au lieu d’enjamber la cent quarante-quatrième marche, échappant aux SS qui le pressent, il déboîte sur la droite, passe sur une plate-forme d’une vingtaine de mètres de large surplombant la carrière, et, d’un geste de défi, laisse délibérément tomber sa charge. Le bloc rebondit. De bond en bond soulève des nuages de poussière, provoque des avalanches de graviers.

Sidérés, les SS se concertent. Mains aux hanches, Raymond leur fait face. Accablé et hochant la tête, Jacques dépose son bloc. Avec la douceur que l’on a pour poser un bébé dans son berceau. Rien ne pourrait lui être plus précieux que ce geste qu’il accomplit, un geste dont il n’ignore pas qu’il engage un processus irréversible. Un geste plus précieux que la vie. Lentement il s’engage à son tour sur la plate-forme, se redresse près de son frère, regardant fièrement devant lui.

La longue chenille humaine des porteurs de pierres s’est immobilisée. Les kapos ne sont plus chiens courants, ne mordent plus au hasard, se contentant d’observer avec une curiosité mauvaise ce que sera le comportement de leurs maîtres.

Ceux-ci viennent de délibérer. Le refus inattendu de Raymond Schwartzenberg, sa révolte, leur offrent un prétexte de choix à exercer leur délire imaginatif. La situation est de nature à les enchanter. Les voilà à leur aise, puisqu’il ne s’agit que d’une formalité enfantine : rendre la justice.

L’Unterscharführer, le plus élevé en grade des quatre SS, est également le plus grand par la taille. Sa capote l’enveloppe sombrement d’une pièce jusqu’aux bottes noires, le col serré brille du reflet argenté des runes. Son casque lui confère le pouvoir angoissant des voix sans oreilles. Or sa voix ne gueule pas. Elle suggère l’impensable plus qu’elle ne l’ordonne. L’homme d’acier, duveté de feutre, est sûr de sa victoire : il va triompher encore une fois de la chair juive. Mieux : cette chair maudite va s’entre-déchirer et, sublime raffinement, le frère donnera la mort au frère, et encore mieux, comme les frères sont jumeaux, celui qui tuera l’autre se détruira aussi. D’une certaine manière. Subtil raffinement.

Rigide, la statue casquée précise :

« Celui qui n’a rien fait ne doit pas payer pour celui qui a causé le désordre. Chacun ici doit mériter la chance que nous vous offrons de survivre. Vous allez vous battre l’un contre l’autre. »

La plate-forme sur laquelle les deux frères Schwartzenberg se sont retirés est une sorte de palier creusé à même le flanc de la montagne, une marche étroite de deux mètres au plus de largeur, sur vingt de long.

Ils se font face.

La malnutrition, les efforts physiques trop violents, répétés de façon permanente dans la poussière de pierre, ont épuré les jumeaux, creusant dans leurs êtres vifs une sorte de perfection d’écorchés d’autant plus saisissante maintenant que, d’un même geste, Jacques et Raymond, se dépouillent de leur veste d’infamie et sont torse nu. Geste purificateur à la face du ciel.

« Battez-vous… Battez-vous… Vite ! vite ! » gueule l’Unterscharführer.

Toujours face à face, les deux frères semblent vouloir se perdre dans les yeux l’un de l’autre.

Les SS ramassent des cailloux, furieux d’une impatience malsaine dont les effluves viennent troubler jusqu’à l’écœurement les spectateurs figés, et se mettent en devoir de lapider les deux insaisissables statues blanches de la poussière impalpable flottant alentour.

« Battez-vous, chiens, battez-vous… »

Les cailloux pleuvent. Les deux garçons paraissent insensibles à leurs déchirures.

Comme aspirés par une invisible puissance, d’un même mouvement aimanté, ils s’approchent l’un de l’autre, avec lenteur.

Chacun retient son souffle, redoute dans sa propre chair, dans son âme, l’affrontement fratricide provoqué par les brutes. Jacques et Raymond ouvrent leurs bras, s’étreignent, collent leur peau, joignent leurs lèvres dans un baiser d’amour pur aussi insaisissable que souffle d’ange.

Chacun donnera sa version, mais jamais l’on ne saura vraiment qui de Raymond ou de Jacques, qui du fort ou du faible infligea la poussée, provoqua l’impulsion, mais, brusquement, les deux corps jumeaux n’en firent plus qu’un qui bondit à ciel ouvert, bascula dans le vide, plongea dans le gouffre béant de la carrière, s’y abîma dans le grondement des roches dérangées, bousculées par le choc de leur poids d’éternité rebondissant, pour venir s’écraser soixante mètres plus bas au pied des camarades figés d’horreur, les mains croisées sur les manches de leurs pics en une inutile prière muette.

Et l’impalpable poussière blanche retomba doucement et s’en vint leur servir de linceul. »

Raymond et Jacques étaient mes deux petits frères, qui n’étaient pas jumeaux mais le sont devenus.

Jo Attia est mort le 22 juillet 1972 d’un cancer de la gorge. A son enterrement, une délégation de déportés revenus de Mauthausen a déposé une gerbe sur sa tombe. […].

Remerciements

Cette biographie a été rédigée en accord et avec l’aide précieuse de Nadine Marie-Schwartzenberg, leur sœur cadette. Nous la remercions infiniment pour son témoignage.

Nous remercions également :

  • Monsieur le directeur des Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques,
  • Monsieur le Proviseur du Lycée Louis-Barthou de Pau et le Président de l’amicale des Anciens du Lycée de nous avoir autorisées à utiliser à titre gracieux sur ce site les documents renseignés par « © Lycée Louis-Barthou Pau »,
  • Gwendoline Péré-Lahaille, fille de Charles Péré-Lahaille,
  • Michèle Dominici, ancienne élève du lycée Louis-Barthou, réalisatrice du film documentaire, Léon Schwartzenberg, le révolté (Voir Sources, Divers).

Sources

Documents des archives départementales des Pyrénées-Atlantiques (ADPA)

ADPA, 30 W 170 : Dossier de procédure (du 27 décembre 1944 au 22 février 1945), procès de Jean Proubet.

ADPA, 71 W 22 : Rapport secret du chef régional de la censure de Pau adressé au chef de la censure à Vichy décrivant l’état de l’opinion et relatant notamment les faits de l’arrestation, 10 mars 1943.

ADPA, 72 W 273 : Documents administratifs (10 octobre 1944 – 24 janvier 1945) relatifs à l’internement de Jean Proubet au camp d’Idron.

ADPA, 77 W 150 : Dossier concernant la tentative d’assassinat de Jean Proubet le 22 février 1945.

ADPA, 1031 W 159 : Dossier du cabinet du préfet, fiches de renseignements sur des personnes arrêtées en 1943, renseignements demandés par les allemands sur les étrangers dans les Basses-Pyrénées, réseaux interrégional et régionaux.

ADPA, 1147 W 12 : Registre d’écrous de la maison d’arrêt de Pau du 20 août 1944 au 21 novembre 1945.

ADPA, 1257 W 9 : Arrêt du jugement de Jean Proubet, Cour d’appel de Pau, 22 février 1945.

Références bibliographiques

ATTIA (Nicole), Jo Attia, mon père, Gallimard, 1974 (voir annexe I). A noter qu’il y a une erreur dans le texte à propos de l’orthographe du nom des deux frères, Scharzenberg au lieu de Schwartzenberg.

BOUYSSE (Grégory), Encyclopédie de l’Ordre Nouveau – Histoire du S.O.L., de la Milice Française et des mouvements de la Collaboration, volume 11 (Basses-Pyrénées, Landes et Hautes-Pyrénées), 2021.

POULLENOT (Louis), Basses-Pyrénées Occupation Libération 1940-1945, J & D Éd., Biarritz, 1995 (voir Annexe II). D’après les témoignages et les documents d’archives, Raymond n’a jamais porté le nom de Bernard, même en tant que résistant. L’arrestation a eu lieu le 24 février et non le 26 février. Quant à Jacques, il est né le 10 mars 1926 et non le 25 mars 1926.

SCHWARTZENBERG (Léon), Face à la Détresse, Fayard, La Flèche, 1994 (voir Annexe III).

Divers

DOMINICI (Michèle), Léon Schwartzenberg, le révolté, film documentaire produit par Hamelin Graziani, INA, Sunset Presse, diffusé sur Planète le 13 octobre 2004, 52 minutes (archives communautaires Pau-Béarn-Pyrénées, Usine des Tramways, 2AV6).

SCHWARTZENBERG (Emmanuel), journaliste et fils de Léon, auteur de deux articles à consulter sur internet :

https://blogs.mediapart.fr/emmanuel-schwartzenberg/blog/290120/les-resistants-juifs-exclus-du-mur-du-memorial-de-la-shoah

https://static.mediapart.fr/files/2020/01/29/dokumentetd7024428-1.pdf

Pour en savoir plus

http://www.ajpn.org/commune-Pau-en-1939-1945-64445.html

https://arolsen-archives.org/fr/rechercher-decouvrir/ Les Arolsen Archives sont un centre de documentation des persécutions nazies et possèdent le fonds le plus complet au monde sur les victimes et les survivants des persécutions du national-socialisme. Inscrit au Registre Mémoire du monde de l’UNESCO, le fonds détient des données sur près de 17,5 millions de personnes et possède des documents sur les différents groupes de victimes ciblés par le régime nazi, ce qui en fait aujourd’hui une importante source de connaissance.

Publication

Cet article est édité par la Société des Sciences Lettres et Arts de Pau et du Béarn dans La Revue de Pau et du Béarn, N° 48-2021, Presses d’ICN, Orthez, 2021, p. 315 à 331. http://www.ssla-pau-bearn.fr

Notes de renvoi, bas de page.

1 Voir les fiches élèves de Raymond et Jacques du lycée de Pau.

2 Voir les fiches élèves de Raymond et Jacques du lycée de Pau.

3 ADPA, 1031 W 159 (pour l’intitulé de ces dossiers ADPA, voir Sources, Documents des archives départementales des Pyrénées-Atlantiques ci-dessous).

4 ADPA, 30 W 170 : Interrogatoires de Jean Proubet, 28 décembre 1944 et 25 janvier 1945, et témoignage de Charles Péré-Lahaille, 17 février 1945.

5 SOL : Service d’Ordre Légionnaire, crée en 1941, ancêtre de la milice française créée en janvier 1943.

6 ADPA, 30 W 170 : Audition d’Adolphe Debus, 27 décembre 1944.

7 Commission chargée de l’application et du contrôle de la convention de l’armistice du 22 juin 1940 entre la France et l’Allemagne nazie.

8 ADPA, 1031 W 159.

9 ADPA, 30 W 170.

10 ADPA, 1031 W 159.

11 ADPA, 30 W 170 : Témoignage de Gilbert Schwartzenberg, 17 février 1945.

12 ADPA, 1031 W 159 : Lettre du 24 février 1943 du proviseur, Monsieur Thauzies, adressée à l’inspecteur d’académie.

13 ADPA, 1031 W 159.

14 SCHWARTZENBERG (Léon), Face à la détresse, Fayard, La Flèche, 1994, p. 233 à 242.

15 ADPA, 30 W 170 : Témoignage de Louis Perego, 31 janvier 1945.

16 ADPA, 71 W 22.

17 ADPA, 1031 W 159.

18 ADPA, 1031 W 159 : Lettre de Monsieur de Brinon, 10 juillet 1943.

19 ADPA, 30 W 170 : Témoignage de Charles Péré-Lahaille, 17 février 1945.

20 ADPA, 30 W 170 : Témoignage de Gilbert Schwartzenberg, 17 février 1945.

21 ADPA, 1031 W 159.

22 SCHWARTZENBERG (Emmanuel), article du 29 janvier 2020 (voir Sources, Divers ci-dessus).

23 ATTIA (Nicole), Jo Attia, mon père, Gallimard, 1974, p. 84 et 85.

24 SCHWARTZENBERG (Léon), op. cit.

25 ADPA, 1031 W 159.

26 ADPA, 30 W 170 : Témoignage de Charles Péré-Lahaille, 17 février 1945.

27 La République des Pyrénées des 2 et 6 décembre 2004 et Sud-Ouest du 6 décembre 2004.

28 ADPA, 1147 W 12.

29 ADPA, 30 W 170.

30 ADPA, 77 W 150.

31 La IVème République du 24 février 1945.

32 ADPA, 77 W 150.

33 ADPA, 30 W 170 : Témoignage de Charles Péré-Lahaille, 17 février 1945.

34 La République des Pyrénées du 17 mai 2004.

35 SCHWARTZENBERG (Emmanuel), article cité.

36 Voir Sources. Références bibliographiques ci-dessus.

37 Rapporté par MARCILLY (Jean), Vie et mort d’un caïd, Jo Attia, Paris, Fayard, 1977.

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