Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Colonel Georges BARON. Président du Groupe Collaboration.A la Libération, premier prévenu jugé par la Cour de Justice.

Le colonel Georges Baron a présidé le Groupe Collaboration de Pau de juillet 1942 à la Libération. Arrêté dès août 1944, il est jugé pour trahison par la Cour de Justice de Pau le 16 octobre 1944 et condamné à 15 ans de travaux forcés.

 

 

 

 

Le colonel Georges Baron,

est né le 27 janvier 1878 à Paris (13ème arrondissement). Il s’engage en octobre 1898 et intègre l’école de Saint-Cyr qu’il prolonge par l’école de guerre de 1907 à 1909.

Il est capitaine au début de la première guerre mondiale en 1914 qu’il termine avec le grade de chef de bataillon. Il mène une carrière militaire qui le conduit au grade de lieutenant-colonel en 1929.

Il prend sa retraite en octobre 1933.

Georges Baron s’installe en 1934 à Pau où il est membre de l’Union Nationale des Combattants.

Le Groupe Collaboration des Basses-Pyrénées est créé à Pau le 11 juillet 1942 et Georges Baron accepte d’un prendre la présidence, à titre bénévole, sans aucune rémunération à l’exception du remboursement de ses frais de déplacement.

Georges Baron est aussi éditorialiste au journal « France-Pyrénées ». Il publie sous pseudonyme (Jean Morin, Le Druide, René Bonsens) des éditoriaux favorable au rapprochement franco-allemand, dénonçant le bolchevisme, vantant les qualités de l’armée allemande.

Georges Baron qui n’a pas envisagé de quitter Pau, est arrêté le jour de la Libération dans les locaux de « France-Pyrénées ». Il est jugé par la Cour de Justice de Pau lors de sa première session le 16 octobre 1944 sous l’accusation de crime de trahison. Georges Baron est condamné à 15 ans de travaux forcés et à la dégradation nationale à vie.

Georges Baron est décédé le 7 décembre 1957 à Monts (Indre-et-Loire).

Louis Poullenot rapporte que, le 31 août 1943, le Comité Clandestin de Libération Nationale a adressé au colonel Baron la lettre suivante :

« Vous avez mis votre plume au service de l’ennemi. Vous avez déshonoré votre uniforme d’Officier Français. On passerait encore sur le ridicule et la prétention de vos articles que les événements démentent et démentiront tous les jours. Mais on ne peut pas passer sur la trahison quotidienne où vous vous complaisez, tant comme chroniqueur que comme Président du Groupe Collaboration. Le jour de la reddition des comptes est proche. Vous ne vous plaindrez pas de ne pas avoir été averti ».

Le compte rendu du procès de G. Baron à la une du journal « La IVe République ».

Le compte rendu du procès du colonel Baron devant la Cour de Justice de Pau est publié à la une de « La IVe République » du 18 octobre 1944.

Transcription de l’article du 18 octobre 1944.

A LA COUR DE JUSTICE DE PAU.

Le stratège BARON a perdu la bataille.

La cour de justice, nouvellement créée dans le département, a tenu, lundi, sa première audience sous la présidence de M. le conseiller Gary, assisté de quatre jurés, désignés par le sort, MM. Saint-Paul, Combret, Labarrère et Iriard, M. l’avocat général Destouet occupait le siège du ministère public.

Le colonel Baron inventeur du piège de Paris.

Dans la première (affaire), a comparu le colonel BARON, 66 ans, président du Groupe Collaboration de Pau, l’inoubliable éditorialiste de « France-Pyrénées », l’inénarrable stratège, génial inventeur de quelques armes secrètes allemandes, telles que la souricière de Normandie, le piège de Paris, le traquenard de Berlin.

Georges Baron, dont on ne sait pas trop, s’il faut, de par ses écrits, le tenir pour un germanophile dangereux ou plus simplement pour un niais, répondait, devant ses juges, du crime de trahison qu’il aurait perpétré en collaborant sciemment à une entreprise de démoralisation de la Nation et de l’Armée.

C’est dans sa double activité de président du Groupe Collaboration et de gratte-papier à 10fr. la ligne à « France-Pyrénées », que l’accusation a puisé les éléments constitutifs du dossier.

S’expliquant sur le rôle qu’il a joué au Groupe Collaboration, le colonel Baron précise que ses intentions étaient pures, qu’il n’avait vu dans cette activité qu’un moyen nouveau – pour le moins inattendu – de servir la France at que d’ailleurs les relations qu’il entretint avec les Allemands furent toujours strictement limitées à des questions culturelles. Au sujet de ces rapports il ajoute qu’ils lui permirent à maintes reprises d’intervenir en faveur de ses concitoyens et de sauver quelques uns de ses compatriotes gravement compromis. Ce point sera reconnu exact par la déclaration d’un témoin, M. Diu Paul, instituteur à Pau, qui doit, en effet, à l’intervention du colonel Baron d’avoir été rapatrié d’Allemagne d’abord, et d’avoir ensuite, quelques mois plus tard, évité le poteau lors de son arrestation comme membre de la Résistance. La défense donnera également lecture de plusieurs autres témoignage qui démontrent que l’accusé a, à différentes occasions, mis son influence auprès des Allemands au service de quelques Français.

De son activité d’éditorialiste de « France-Pyrénées », le colonel Baron éprouve quelques difficultés à se disculper. Pour aussi puérile qu’ait été sa production de journaliste, il n’en reste pas moins que le fait d’avoir écrit ces articles, constitue le délit de démoralisation de la Nation pour lequel il est poursuivi. A ce sujet, il déclare s’en être toujours tenu aux consignes qu’il recevait chaque jour dans les notes d’orientation et aux ordres de la censure.

le Président donne ensuite lecture des rapports de police qui dépeignent l’accusé comme un érudit (?), un homme pensif, un idéaliste, prêchant dans ses conversations l’amour et la charité. Pour terminer cet interrogatoire, l’accusé affirme à nouveau n’avoir jamais eu l’intention de nuire à la France.

Dans son réquisitoire, M. le Commissaire du Gouvernement, après avoir fait le procés de la collaboration même sur le plan culturel, telle que dit l’avoir pratiquée le colonel Baron, reconnaît que ce dernier peut être considéré comme un homme sincère et désintéressé, qui a toujours maintenu ses idées sur le plan théorique et ne sait jamais laisser aller à pratiquer la délation. Il demande une condamnation sévère qui demeurera néanmoins équitable et juste.

La défense est assuré par Maître Magescas qui rappelle le brillant passé militaire du colonel Baron ainsi que ses interventions en faveur de plusieurs de nos compatriotes et s’attache à démontrer que celui-ci n’a jamais eu l’intention de nuire à son pays. Il réclame un verdict de clémence.

La Cour condamne Georges Baron à la peine de 15 ans de travaux forcés.

Pour accéder à l’original de l’article: cliquer ici.

Références bibliographiques

Bouysse Grégory, Encyclopédie de l’Ordre Nouveau – Histoire du S.O.L, de la Milice Française & des mouvements de la Collaboration (Volume 10 et volume 11), Independently published (20 juillet 2021), 215 pages.

Poullenot (Louis), Basses Pyrénées, Occupation, Libération, 1940-1945, J&D Editions, Biarritz, 1995, 366 p. Voir pages 90 à 92.

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