Association BPSGM Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale 64000 Pau
Parcours des aviateurs américains cachés à Lendresse par Marcel Trubert. Avril, mai 1944.
Les aviateurs américains qui étaient cachés chez Marcel Trubert à Lendresse étaient membres de l’équipage de 2 avions bombardiers abattus dans le nord de le France au début de mars 1944.
A la limite de la Somme et du Pas-de-Calais, deux crashs de bombardiers distants d’environ 10km à 2 jours d’intervalle en mars 1944.

Le 2 mars 1924, un bombardier B24 Liberator est abattu par la défense anti-aérienne. Il fait un atterrissage forcé sur la commune de Hem-Hardinval (Somme).
Gellermann est tué dans le crash,
Shevlin et Ross sont arrêtés peu de temps après le crash et partent prisonniers en Allemagne
Kendall est arrêté dans la Somme lors d’une rafle qui affecte le réseau Bordeaux-Loupiac en avril 1944
Les 4 autres aviateurs (Mc Donald, Kelly, Decost, Goswick) tentent l’évasion par les Pyrénées.
Pour accéder au rapport d’évasion de F.C. Kelly: cliquer ici
Le 4 mars 1944, un bombardier B17 Fortress est abattu par un chasseur Me 109 sur la commune de Blangermont (Pas-de-Calais).
Carpenter et Altmann sont tués dans le crash.
Kennedy, Hedin, Fallessen et Mc Craken sont faits prisonniers sur place.
Leibring et Ziglowicz s’échappent depuis le lieu du crash et rentrent en Angletree le 04/09/1944 et le 26/08/1944 avec l’aide du réseau Ternois.
O’Leary et Girard tentent l’évasion par les Pyrénées.
Pour accéder au rapport d’évasion de P.C. Leibring: cliquer ici.
Pour accéder au rapport d’évasion de B.F. Zyglowicz Cliquer ici.
Une filière des Hauts-de-France jusqu’à Dax.
Le témoignage de Frank G. Mc Donald permet de reconstituer le périple des six aviateurs qui vont tenter une évasion par l’Espagne. Le voyage d’Arras à Dax est encadré par une accompagnatrice: Mme Méplot qui voyage avec son neveu.
» Un samedi matin, après deux semaines de séjour ici, une femme plus âgée accompagnée d’un petit garçon d’environ une douzaine d’années nous emmena avec deux mitrailleurs d’un B17 à bord d’un bus pour Arras où nous prîmes le train pour Paris »
Un compte à rebours permet d’évaluer ce samedi comme étant le 15 avril 1944.
Arrivé à Paris vers 14h, le groupe traverse Paris pour atteindre la gare d’Austerlitz et prendre un train qui arrive à Bordeaux le dimanche matin.
« Grand’Ma nous laissa dans un petit parc en face du Quartier général de la Gestapo et avec son neveu partit prendre d’autres contacts avec d’autres amis résistants. Au bout d’un moment nous devînmes de plus en plus inquiet car plusieurs personnes …. semblaient commencer à nous porter un peu plus d’attention qu’il ne nous semblait nécessaire »
» C’ est ainsi que nous décidâmes d’avancer vers un pont qui enjambait une grande rivière et nous nous mîmes à regarder les sous-marins allemands glissant sur et sous l’eau ».
A son retour, la guide annonce que le maillon suivant de la chaîne d’évasion a été démantelé par les Allemands. Elle propose aux aviateurs soit de continuer leur chemin par leur propres moyens, soit de prendre un billet pour atteindre Dax. Cette seconde option permet aux fugitifs d’arriver à Dax à 20 h.
Prenant conscience de leur isolement, les aviateurs décident de constituer deux groupes distincts placés sous la responsabilité de chacun des 2 officiers: les lieutenants Mc Donald et Kelly.
Après tirage au sort, O’Leary et Girard partent avec Mc Donald tandis que DeCoste et Goswick partent avec Kelly.
Après Dax.

Le groupe de Frank Mc Donald décide de partir en direction du sud-est afin d’éviter la région côtière de fait de a probables forte présence de troupes allemandes.
« Pendant trois jours, mon groupe suivit une direction sud-est, au cours du troisième jour nous approchâmes d’une station de chemin de fer qui se trouvait près de la petite ville de Lacq »
« J’approchais d’un Français travaillant dans cette gare… »
Il venait de rencontrer Marcel Trubert……..
Le groupe de Frédérick Kelly décide d’aller tout droit vers le sud parallèlement à la côte.
Les sergents DeCoste et Goswick ne vont pas loin. Identifiés sur le quai de la gare comme des aviateurs en fuite par une patrouille allemande, ils sont arrêtés et envoyés comme prisonnier en Allemagne.
Le lieutenant Kelly part seul à pied et, de villages en villages, descend vers le sud. Finalement, un passeur le conduit pour une dernière étape qui se termine en Espagne. Il est de retour sur lâ base de Harrington en Angleterre, le 1er juin 1944.
Dans son témoignage, le lieutenant Kelly relate sa rencontre avec un gendarme français:
« Sur la route, un gendarme français vérifia mes papiers d’identité et me demanda où j’allais. Lorsque je lui dis, il me demanda pourquoi j’allais là-bas: « Pour travailler » lui expliquai je. Ma carte d’identité disait que j’exerçais la profession de forgeron. Le gendarme se mit à rire et me laissa aller; »
Source:
DUCELLIER, Jean-Pierre, LA GUERRE AERIENNE DANS LE NORD DE LA FRANCE, Edition F. Paillart, Abbeville, 1996.
- pages 44 à 51: Blangermont, le B17 Fortress et son équipage.
- pages 434 à 490: le crash du B24 Liberator, le sauvetage sur place.
- pages491 à 498: le périple vers le sud.
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