Association BPSGM Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale 64000 Pau
Combats de l’été 1944. Représailles à Arnos. 20 juillet 1944.
Une forte unité des troupes d’occupation attaque un groupe de résistants du Corps Franc Pommiès le 10 juillet 1944, à Arnos.
Synthèse des combats d’Arnos. Document interne des MUR.
MAQUIS
Engagement
ARNOS. 6H30 – 20 juillet 1944
Vers 6h30 du matin, une centaine d’Allemands attaquent un groupe de 25 maquisards du Corps Franc Pommiès, réfugiés depuis 48 heures, maison Lasbignottes appartenant à M. CAPOULAT, maire d’Arnos.
Le jeune DOUMENGES Paul, 18 ans, étudiant, qui était aux avant-postes, est capturé, torturé et fusillé sur place.
Le maquisards BESNIER Jean, 24 ans, gendarme à la brigade motorisée de Pau, au maquis depuis juin 1944, qui était placé en sentinelle au sommet d’un monticule, donne l’alarme au groupe qui peut se replier dans les bois voisins, mais, repéré par les Allemands, il est abattu par les rafales de fusil mitrailleur dirigées sur lui.
Le maire d’Arnos, M. CAPOULAT, propriétaire du cantonnement des maquisards, est arrêté et ne dit la vie qu’à une circonstance fortuite qui éloigne les Allemands. Sa maison est néanmoins bombardée au canon anti-char et incendiée.
Unité responsable : Aviation L.52511 Pont Long
Rapport de gendarmerie dressé le 22 juillet 1944.
22 juillet 1944 Brigade Athez-de-Béarn
Attaque du maquis d’Arnos par les allemands (2 tués)
20 juillet 1944
Ce jourd’hui 22 juillet 1944 à 10h30, nous soussignés Lamotte Charles et Soumedebougs jean, gendarmes à la résidence d’Arthez, en tournée dans la commune d’Arnos avons recueilli les renseignements suivants sur la découverte de 2 cadavres.
CAPPOUDAT Léon, 52 ans, maire d’Arnos déclare :
Jeudi 20 juillet 1944, vers 6h30, j’ai entendu comme des rafales de mitrailleuse. Pensant qu’il était dangereux de sortir, je suis resté à la maison car, d’après les instructions reçues dans les mairies, il ne fallait pas sortir lorsqu’on entendait des coups de feu.
Environ une heure après avoir entendu des coups de feu, des allemands sont venus chez moi et ont visité la maison et ses dépendances. Pendant ce temps, j’ai été fouillé moi-même sur toutes les parties du corps et tenu en respect sous la menace d’une mitraillette par un soldat allemand. Plusieurs de ce soldats gardaient les issues de la propriété. L’un de ceux-ci m’a dit qu’il y avait deux morts sans précisions. Quelques instants plus tard, un voisin est venu m’aviser du départ des soldats allemands et m’a dit que leur chef l’avait averti d’aller prévenir le maire et le curé pour enlever les 2 victimes et les enterrer sans cérémonie.
Avec mon voisin je me suis rendu sur les lieux. A ce moment là, les allemands sont revenus avec 3 camions chargés de soldats. Un de ces camions portait un canon genre anti-char. L’un des soldats, soi disant le chef, m’a dit de ne rien redouter car il détruisait toutes les maisons ayant abrité des terroristes. Plusieurs coups de canon ont été tirés sur une maison m’appartenant est inhabitée depuis longtemps. Elle a été complètement détruite par les coups de canon et l’incendie allumé par eux. Officiers et soldats sont revenus sur les lieux pour constater l’effet du tir. Ils ont indiqué l’emplacement du cadavre d’une victime caché dans la broussaille. Après ces opérations, hommes et matériel sont descendus jusqu’au centre du village, ont fait demi tour et pris la direction de Boumourt vers Pau. Après leur départ, j’ai demandé à M. Rey René, propriétaire à Arnos, et à M. Canguilhem Pierre de Boumourt, voisins des lieux de la scène, de transporter les corps des 2 victimes à la maire d’Arnos.
L’officier allemand ayant eu en mains les pièces d’identité, m’a donné le nom des victimes. L’un, Besnier Jean, Police de Pau, l’autre, Domangès Paul. 2 cercueils ont été commandés à M.Marcou, menuisier à Pomps.
Après la mise en bière qui a été faite ce jour, les corps ont été déposés dans l’église. Les obsèques ont eu lieu le 21 juillet à 15h. Un grand nombre de personnes de la commune et des communes environnantes assistaient aux obsèques. J’ignorais la présence du maquis dans ma commune.
BERDOUCOU Jean-Baptiste, curé d’Arnos, déclare :
Jeudi 20 juillet courant, une dizaine de soldats allemands sont entrés chez moi et m’ont demandé de visiter le presbytère. A leur sortie, j’ai entendu des rafales de mitrailleuse. Quand je n’ai plus rien entendu, je me suis rendu chez M. Rey, mon voisin, et c’est là que j’ai appris qu’il y avait 2 morts. L’un avait été tué sur le chemin à une dizaine de mètres de la propriété Rey et l’autre d’après les dires des soldats était dans un touya à 200m de chez lui. Je me suis rendu sur les lieux en compagnie de M. le maire et des Allemands. C’est à ce moment là que l’officier m’a donné les noms des 2 victimes : Besnier Jean et Domangès Paul. En se retirant, l’officier m’a donné l’ordre de les enterre sans cérémonie.
REY René, 44 ans, cultivateur, déclare :
Jeudi 20 juillet courant, vers 5h30, j’ai été réveillé par le bruit du moteur d’une voiture automobile. Aussitôt , après, j’ai entendu la voix des soldats allemands qui étaient dans ma basse-cour et surveillaient le chemin. Quelques instants après, un jeune homme de 18 à 19 ans a débouché sur le chemin. Les soldats, en contrôlant ses pièces d’identité, lui ont crié « Haut les mains ». Après l’avoir fouillé, ils ont constaté que ce dernier avait un revolver et des grenades dans ses poches. A ce moment, les soldats m’ont donné l’ordre de rentrer chez moi, ce que j’ai fait. Je suis rentré dans mon appartement. Les volets étaient entr’ouverts, j’ai entendu un cri poussé par le jeune homme puis un coup de feu. Un moment après, les soldats sont revenus chez moi et m’ont prié de sortir. Ils m’ont fait voir le jeune homme qu’ils venaient de tuer. Ils m’ont montré les grenades et le revolver trouvés sur lui en me disant « ici maquis ». Je leur ai répondu que je ne savais pas s’il était du maquis. Au même moment, un soldat allemand m’a giflé et m’a dit qu’ils allaient fouiller chez moi, me menaçant de mettre le feu à la maison si des terroristes y étaient découverts. N’ayant rien trouvé, ils n’ont pas mis leur projet à exécution.
Pendant ce temps, j’ai entendu plusieurs rafales de mitrailleuse et des coups de canon. Quand tout cela a été fini, je suis allé sur le chemin et j’ai constaté qu’une vieille maison inhabitée, appartenant à M. Cappoudat, maire d’Arnos, où s’étaient réfugiés les maquisards était le point visé. Ils y ont mis le feu. En examinant le cadavre du jeune homme qui était à côté de mon habitation, j’ai constaté qu’il avait le visage tuméfié par les coups et qu’un coup de feu avait été tiré derrière son oreille gauche. Les soldats allemands lui avaient enlevé ses souliers et ses chaussettes. Plus tard, j’ai appris qu’il y avait une deuxième victime. J’ai été invité par M.le maire, lequel avait reçu l’ordre de l’officier allemand, d’enlever les 2 corps au moyen d’une charrette. L deuxième victime se trouait dans un touya sur une crête. Cette victime avait la figure couverte de sang. Je n’ai pas pu voir ses blessures. Elle était habillée en kaki et portait un casque sur la tête.
DOMANGES Paul, de Livron, taille 1,67m environ, cheveux châtain foncé, 18 à 19 ans, vêtu d’un treillis de travail bleu, d’une chemise kaki, d’un béret basque, pieds nus.
BESNIER Jean, (déclaration de Casamayou Léon, 29 ans, gendarme à Arthez, le 25 juillet)
« Le 20 juillet, j’ai été commandé de service à Arnos…. Malgré sa blessure à la tête, j’ai reconnu l’un des cadavres pour être celui de Besnier Jean, gendarme de la brigade motorisée de Pau. Je l’avais reconnu à la Fontaine du Berger où il avait fait son stage en même temps que moi. Nous n’étions pas au même groupe mais on se voyait…. Il était habillé en tenue kaki et portait des bandes molletières couleur mastic. Il avait des cheveux châtain et la taille de 1,70m environ ».

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