Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Combats de l’été 1944. Représailles à Nay. 12 juin 1944.

Maison carrée

Le 12 juin 1944, le bouclage de Nay par un groupe F.T.P. provoque une action de représailles par les troupes allemandes d’occupation.

 

 

 

 

 

Le 18 janvier 1945, l’adjoint au maire de Nay – Camborde – rédige un rapport décrivant les actions de représailles conduites par les troupes allemandes d’occupation le 12 juin 1944.

 

18 janvier 1945

R.L.-C W 808

RAPPORT CONCERNANT LES EVENEMENTS DU 12 JUIN 1944

Le 12 juin 1944 vers 14h, un groupe de F.T.P. , environ 60 hommes, descendit en ville et en ferma les issues au moyen de petits groupes armés de mitraillettes et de grenades. Le groupe possédait en outre 2 fusils mitrailleurs. On pouvait entrer en ville, la sortie en était interdite. Ces mesures furent prises pendant que ce groupe faisait procéder à l’abattage de deux bœufs qu’il avait réquisitionnés et qu’il devait faire distribuer gratuitement à la population. La publication et l’affichage furent assurés par ce groupe.

Vers 17 heures 30, une colonne de camions allemands, environ 500 hommes, se présenta à l’une des issues, celle qui va de la gare à Nay. Lorsqu’elle fut à 80 mètres environ, voiture des officiers en tête, le poste qui gardait cette issue, 4 hommes, ouvrit le feu. Le combat s’engagea immédiatement. La maison VALLANET sise près du lieu où se tenaient les F.T.P. fut incendiée par les Allemands dès que les F.T.P. se furent retirés. M. SERVILLE qui avait son dépôt de charbon dans les dépendances de la maison VALLANET fut fait prisonnier. Il fut fusillé dans la soirée vers 21 heures bien qu’il ne fit pas partie des F.T.P. et qu’il n’eut pas pris part au combat, il était dans sa maison au travail. Les Allemands pénétrèrent en ville chassant devant eux les F.T.P. au moyen de rafales de fusil mitrailleur. Cette phase dura jusqu’à 19 heures.

La ville au pouvoir des Allemands, ceux-ci pénétrèrent dans les maisons, au hasard, forcèrent les portes qui ne s’ouvraient pas assez vite à coups de crosse, pillant tout ce qui leur tombait sous la main et emmenèrent à la gendarmerie quelques 500 otages, hommes et femmes. Les femmes, les malades et les mutilés de guerre furent renvoyés à partir de 22 heures. Les hommes, 150 environ, furent emmenés au collège moderne de jeunes filles où ils furent longuement interrogés par rang d’âge, tout le monde fut relâché à 5 heures du matin , probablement parce que les Allemands ne subirent aucune perte.

Durant la progression rue par rue, les Allemands pénétrèrent dans la maison CAZABAN et tuèrent à coup de revolver M. CAZABAN âgé de 82 ans. On ne peut que faire des hypothèses sur les circonstances qui entourent ce crime. Ils pénétrèrent également chez M. LACOSTE Eugène, 47 ans, qui reçut plusieurs coups de feu. Transporté dans une clinique de Pau, il mourut en cours de route. Trois ouvrières dont les noms figurent ci-dessous, qui travaillaient en ville et qui tentaient de rejoindre leur famille dans un village voisin furent tuées dans la rue par les rafales des Allemands. Dans la soirée, une colonne allemande partit à la poursuite des F.T.P. vers le hameau d’Asson sur la route d’Ossau et ils incendièrent la grange de M. GOAILLARD.

La ville fut occupée militairement plusieurs jours terrorisée mais il n’y eut pas d’autre victime.

Un F.T.P. BOYRIE Maxime a été tué pendant le combat les armes à la main. Un autre F.T.P. SEIGNERE Jean a été pris porteur de munitions et fut exécuté vers 21 heures avec en même temps que SERVILLE.

Noms et état civil des victimes

Deux fusillés :

SERVILLE, Charles, né à Toulon le 27 novembre 1907

SEIGNERES, Jean, né à Nay le 18 juillet 1909

Deux assassinés :

CAZABAN, Pierre, né à Bordères(B.P.) le 17 septembre 1861

LACOSTE, Eugène, né à Nay le 14 juin 1895

Tué au combat :

BOYRIE, Maxime, né à Nay le 13 janvier 1918

Victimes du combat

MENDEZ née Mazouat, Marie, née à Bénéjacq le 27 mai 1912

LASCOURREGES, née Fourané, Henriette, née à Bruges le 28 avril 1914

LAUGA, Jeanne, née à Gan le 11 février 1919

Une maison incendiée: immeuble VALLANET, cour Pasteur à Nay.

L’officier qui commandait était un officier supérieur d’une quarantaine d’années, teint mât, forte corpulence, menton carré.

Le n° de l’unité allemande qui a opéré à Nay ce jour là est 44561.

signé

Pour le maire de Nay

l’adjoint délégué

Camborde

Source: fonds Baradat, archives de l’association.

Mémoire de pierre: détails du monument commémoratif.

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Dossier au Service Historique de la Défense:

Boyrie Maxime.

Cazaban Pierre

Lacoste Eugène

Seignères Jean

 

Biographie et lieux de mémoire. (site Mémorial Gen Web)

Boyrie Maxime.

Cazaban Pierre

Lacoste Eugène

Seignères Jean

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