Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Combats de l’été 1944. Accrochage de Monein. 7 juillet 1944.

Dans les archives de H. Baradat, deux textes témoignent de l’accrochage qui opposa des forces allemandes à des éléments du corps franc Pommiès, à Monein, le 7 juillet 1944.

 

 

 

 

Document n°1: Rapport de gendarmerie daté du 7 juillet 1944.

 

Brigade de Monein

Mort du sous-lieutenant FFI Geny (Monein 7 juillet)

Ce jourd’hui, 7 juillet 1944, à 15 heures, nous, soussignés Même Henri, Gentillet Jean Baptiste, gendarmes à la résidence de Monein, à notre caserne, s’est présenté un interprète de la Feldgendarmerie qui a déclaré qu’un motocycliste n’ayant pas obéi aux sommations de la patrouille effectuant le contrôle de la circulation, avait été tué. Il demandait le concours d’un médecin et de la gendarmerie française pour les constatations.

Nous nous sommes immédiatement rendus sur les lieux ainsi que M. le docteur Labarrère de Monein.

Après examen par le Dr Labarrère du corps de la victime, l’officier allemand commandant la patrouille a fait procéder en notre présence à la reconstitution de la scène par un de ses motocyclistes.

Nous avons constaté et il nous a été relaté les faits suivants :

les faits se sont produits à 15h45 au lieu-dit « Baillère » sur la RD2 territoire de Monein, à 2km au nord du bourg et à 30m au sud de l’intersection des RD2 (Navarrenx-Pau) et 9 (Oloron-Orthez). Le motocycliste venait de Lahourcade (Orthez). La sentinelle allemande lui a fait signe de s’arrêter alors qu’il se trouvait à une distance de 100m de l’intersection des routes, il a ralenti puis, arrivé à hauteur de la sentinelle, il a brusquement augmenté sa vitesse en prenant la direction de Monein pour forcer vraisemblablement le barrage. La sentinelle, une fois dépassée, a tiré sur lui une rafale de mitraillette. Une balle a atteint le motocycliste dans le dos pour ressortir par la poitrine. La mort a été instantanée.

D’après les pièces trouvées sur la victme par les Allemands, l’identité serait : GENY Pierre;né le 6 août 1918 à Paris, domicilié à Saint-Martin-d’-Uriage (Isère). Carte d’identité délivrée le 18 décembre 1941 par la préfecture de Grenoble, permis de conduire les automobiles délivré le 7 août 1936 par la préfecture de Meurthe et Moselle, une carte d’invalidité délivrée par la délégation de Grenoble, une carte d’alimentation délivrée par la mairie de Saint-Martin d’Uriage. En outre, il a été trouvé sur la victime : un couteau de poche avec chaîne, une montre-bracelet, un portefeuille en cuir contenant la somme de 9 200 francs, une carte Michelin de la région Biarritz – Luchon et divers papiers personnels.

Le motocyclette utilisée par la victime a été, sur l’ordre de l’officier allemand commandant la patrouille, mise en fourrière à la brigade.

[L’inhumation a eu lieu le lendemain au cimetière de Monein après un service funèbre célébré par le curé. Le sous-lieutenant Geny appartenait au Corps Franc Pommiès]

Document n°2: synthèse d’archives de police et de gendarmerie.

 

7 juillet 1944

MONEIN

Lieu-dit « Baillères » route départementale n°2

intersection avec la route n°9 se dirigeant sur Orthez

à 2km environ de Monein.

15H45 : un groupe d’Allemands montés sur un camion assure un contrôle de route. Un moto cycliste venant de la direction d’Orthez se présente. Sommation lui est faite de s’approcher ce qu’il fait lentement. A hauteur des Allemands, il accélère brusquement et tente de fuir en direction de Monein. Une rafale de mitraillette l’abat. Il s’agit de:GENY Pierre, alias capitaine Gervais, 26 ans, domicilié à Saint6martin d’Urriague (sic) (Isère). C’est un des chefs du maquis de Monein, dirigé par le commandant de Carrère, alias commandant Charles, au maquis.

Au même endroit, vers 16h30, alors que les gendarmes de Monein font les constatations avec les Allemands, pour l’affaire précédente, une camionnette débouche de la route d’Orthez (tout comme Gervais). Les Allemands font signe au conducteur de s’arrêter, ce qu’il fait, en marquant toutefois une hésitation. Immédiatement les Allemands se portent à l’arrière, soulèvent la bâche. De l’intérieur des coups de feu partent. Les Allemands se replient sur les bas cotés. Durant 15 à 20 minutes, les coups de feu crépitent de part et d’autre. Puis, tout se tait. Le conducteur de la camionnette gît sur la route. Dans le camion, 5 cadavres baignent dans leur sang. Le véhicule criblé de balles et contenant outre les corps des maquisards, des grenades, des munitions et des mitraillettes est remorqué par les Allemands jusqu’à Pau.

Il s’agit des membres du maquis de Carrère :

RICHARD Roger, 19 ans, POLTO Laurent, 19 ans , LASSEVAIN Henri,

DURET René, HORUGOU Léonce, COURSIN André

D’après les archives de police et de gendarmerie

Source: fonds Baradat, archives de l’association.

Mémoire de pierre: détails du monument commémoratif.

 

 

 

 

 

 

Dossier au Service Historique de la Défense:

Geny Pierre.

Lassevaine Henri

Coursin André

Hourugou Léonce

Richard Roger..

 

Biographie et lieux de mémoire. (site Mémorial Gen Web)

Geny Pierre

Hourugou Léonce

Richard Roger

Polto Laurent

Duret René

Lassevaine henri

.Coursin André

 

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