Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

SAINT-LAURENS Roger. Chasseur du Corps Franc Pommiès, victimes des massacres du Pont-Long.

Saint-Laurens Roger, chasseur du Corp Franc Pommiès au sein du bataillon « Carrère », est arrêté à Bruges le 9 juillet 1944. Il est fusillé au champ de tir du Pont-Long le 15 juillet 1944.

 

 

Allocution prononcée le 16 septembre 1944 à l’occasion du service funèbre de Roger Saint Laurens.

Paroles prononcées le 16 septembre 1944 par Mr Rémy REY au service funèbre du jeune Roger SAINT LAURENS mort pour la France le 15 juillet 1944.

C’est une bien pénible mission qui m’incombe aujourd’hui : retracer la carrière hélas, trop courte, de notre jeune camarade Roger Saint Laurans.

Né a Bruges le 219 décembre 1925, il fut l’élève de notre école communale ; ses maîtres purent apprécier ses qualités de cœur et d’esprit, qualités qui faisaient oublier et pardonner souvent ses espiègleries, ses enfantillages. Reçu au certificat d’études, il entra à à l’école primaire supérieure de Nay pour y parfaire son instruction, et de là fut admis chez un industriel du canton. Son adresse et son amour du travail bien fait lui valurent rapidement l’estime de ses chefs. Sa bonhomie, son goût pour la plaisanterie, son caractère jovial, sa bonne humeur constante lui attirèrent de nombreuse sympathies parmi ses camarades d’atelier. Sa voix plaisante et ses talents d’imitateur le faisaient rechercher par les groupes de jeunes où il semait l’entrain et la gaîté. Il savait et voulait faire plaisir à tout le monde. Je le vois encore, le 14 mai, répondre tremblant d’émotion aux acclamations des spectateurs pour qui il venait d’interpréter quelques une de ses chansons favorites. Nous ne pensions pas, à ce moment là, qu’il serait l’une des premières victimes de la grande tourmente qui allait balayer l’envahisseur et redonner à nos villes et villages cette atmosphère de liberté si chère au peuple de France.

En effet, dès le 6 juin, les groupes de résistance restés jusqu’alors dans la clandestinité surgirent de partout avec une abnégation et un esprit de sacrifice admirable, désorganisèrent la machine de guerre ennemie en lui infligeant des pertes sévères.

N’écoutant que son patriotisme et malgré son jeune âge, Roger Saint Laurens, à l’exemple de quelques une de nos jeunes héros de l’histoire,s’enrôla dans un groupe de Corps Franc sous le commandement de chefs émérites autant que patriotes. Là encore, il sut faire apprécier sa bonté, sa gaîté, son courage, sa témérité même. Il accepta avec le sourire la dure vie du Maquis, ses risques, ses privations.

Avec ses camarades, il brûlait d’impatience de se mesurer avec le boche pour venger les trop nombreux enfants de Bruges morts au champ d’honneur. L’occasion ne se fit pas attendre. Le lundi 19 juin, vers 6 heure du soir, trois voitures chargées de troupes entraînées, équipées, armées jusqu’aux dents et peut-être guidées par de mauvais Français, se dirigèrent vers Capbis avec l’espoir d’anéantir la petite section de patriotes. Anxieux nous nous demandions quel sort attendait les nôtres, pas assez nombreux et insuffisamment armés. Avec un courage et une bravoure digne d’éloges, ils acceptèrent le combat. Roger était du nombre et aux premières places. A lui seul et avec sa mitraillette, il mit 4 allemands hors de combat. Cet exploit devait être hélas fatal.

Les bavardages le firent connaître aux délateurs qui alertèrent immédiatement la Gestapo. Celle-ci, bien renseignée, revint à Bruges le dimanche 9 juillet au matin, fit le siège du quartier Maubec et alla surprendre notre regretté camarade dans son lit. Le coup de filet si minutieusement tramé par des lâches avait réussi.

Amené sous bonne escorte à Pau, il y fut emprisonné par des policiers dont vous avez appris les moyens d’investigations, moyens qui déshonorent un peuple se disant civilisé. Dès lors, le mystère plana sur le sort de ce pauvre enfant. Tantôt abattus par la crainte du pire, tantôt ranimés par l’espoir de la libération et du retour, sa famille et ses nombreux amis ont vécu des heures d’angoisse terrible, de ce malaise qui vous paralyse et vous poursuit sans cesse. Mille suppositions étaient faites ; personne n’osait croire à ‘exécution d’un enfant. Mais, hélas, La pitié, la bonté, le pardon sont inconnus des Allemands. Seuls, la force, le crime, la cruauté les caractérisent. Il y a 8 jours, nous apprenions avec stupeur sa fin prématurée et brutale, son lâche assassinat dans les Landes du Pont Long.

Notre petite patrie perd avec lui un de ses meilleurs enfants, un brave, un héros, qui a ui aussi « orné notre histoire d’une page d’or » et dont le nom viendra s ‘ajouter à cette liste déjà trop longue des enfants de Bruges dont le sacrifice n’aura pas été vain.

Me faisant l’interprète de toute la population et en mon nom personnel, j’adresse à ses parents si douloureusement éprouvés, à sa sœur, à son jeune frèrs, l’expression de mes condoléances attristées.

Et à toi, mon cher Roger, je te dis : « Adieu », dors en paix, tu seras vengé.

VIVE LA FRANCE ETERNELLE

Source: archives de l’association.

Roger Saint Laurens est répertorié au « Maitron des fusillés » à l’adresse: https://maitron.fr/spip.php?article247687

Roger Saint Laurens est inscrit aux monuments commémoratifs suivants:
  • Monument aux morts de Capbis-Bruges- Mifaget (64)
  • Monument commémoratif du bataillon Vernet à Lourdes(65)
  • Monument commémoratif 1939-1945 à Portet (64)
  • Mémorial du Corp Franc Pommiès à Castelnau-Magnoac (65)
  • Stèle commémorative, 7 rue Sainte-Hélène, à Paris (XIII)

Le patronyme est orthographié Saint-Laurent à Lourdes et à Castel-Magnoac

Références au SHD:

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