Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

CORDIER Daniel. Compagnon de la Libération.

Daniel Cordier, l’avant-dernier Compagnon de la Libération et ancien secrétaire de Jean Moulin, est décédé le 20 novembre 2020 à Cannes.

 

 

 

Une résistance précoce.

Daniel Cordier est né le 10 août 1920 à Bordeaux, dans une famille bourgeoise. Il est marqué par les convictions antisémites et maurassiennes de son beau-père.

En 1940, Daniel Cordier a suivi sa famille en Bescat et à Pau où il est lycéen, il continue à militer dans le cadre de l’Action Française.

Le 17 juin 1940, Daniel Cordier entend le discours du Maréchal Pétain qui demande l’armistice. Décidé à s’opposer à cette décision, avec ses camarades de l’Action Française, il rédige un tract invitant à une réunion le 21 juin à la salle Pétron au cours de laquelle il envisage de demander à tous les volontaires de rejoindre Bayonne d’où ils pourraient embarquer pour l’Afrique du Nord.

La réunion étant interdite par le Préfet, le Maire, Pierre Verdenal, autorise celle-ci dans le hall de la mairie. Une centaine de personnes y assiste et les volontaires s’installent dans 4 cars des T.P.R. (mis à leur disposition par le beau-père de Daniel Cordier). Le convoi est stoppé par un barrage militaire et fait demi-tour.

Un nouveau rendez-vous est fixé pour le 21 juin au matin au garage des T.P.R. Seuls 16 autres jeunes sont présents. Avec eux, il gagne Bayonne où ils embarquent sur le cargo belge « Léopold II ». Ils arrivent en Angleterre à Falmouth le 25. Tous s’engagent dans la « Légion de de Gaulle » le 28 juin.

Dans les Forces Françaises Libres.

Affecté au Bataillon de Chasseurs, Daniel Cordier suit une formation militaire puis celle des élèves officiers. Affecté à l’été 1941 au service Action du B.C.R.A., il en suit la formation. Le 26 juillet 1942, il est parachuté dans l’Allier pour devenir l’opérateur radio de G. Bidault alors en charge du Bureau d’information et de presse.

Daniel Cordier rencontre, le 1er août à Lyon, Rex alias Jean Moulin qui l’engage pour créer son secrétariat. Il reste à son service jusqu’au 21 juin 1943, date de l’arrestation de J. Moulin. Il assure la même fonction auprès de son successeur de jusqu’en juin 1944. A ce moment-là, sous la pression de la Gestapo, il passe en Espagne et rejoint Londres fin mai 1944. Daniel Cordier est alors affecté au B.C.R.A.

Muté à la D.G.E.R. en octobre 1944, il inventorie les archives du B.C.R.A. avec Vitia Hessel permettant ainsi à Stéphan Hessel de rédiger le Livre blanc du B.C.R.A. Au départ du général de Gaulle en 1946, il quitte la D.G.E.R.

Daniel Cordier se consacre à sa passion pour l’art. Il peint, ouvre une galerie, œuvre pour le Centre Georges Pompidou.

Une oeuvre d’historien.

À la suite d’une confrontation avec Henry Frenay, en 1977, Daniel Cordier, à partir de sources archivistiques, retrace l’action de Jean Moulin. Il publie le résultat de ses recherches dans la série « Jean Moulin, l’inconnu du Panthéon » dont 3 volumes sont publiés entre 1989 et 1993 et dans un quatrième volume «Jean Moulin, la République des catacombes » en 1999.

Il publie ses mémoires sous le titre « Alias Caracalla » en 2009.

Lieu de mémoire.

 

 

 

Plaque commémorative, mairie de Pau.

 

 

 

Décorations :

Grand-Croix de la Légion d’Honneur                                                                                                                                                                                                                             Compagnon de la Libération – décret du 20 novembre 1944
Croix de Guerre 39/45
Membre de l’Ordre de l’Empire britannique

Publications :

Jean Moulin et le Conseil national de la Résistance, éditions du CNRS, Paris 1983

Jean moulin, l’inconnu du Panthéon, JC Lattès
T. 1 Une ambition pour la République 1899-1936, Paris 1989.                                                                                                                                                                       T. 2 Le choix d’un destin 1936-1940, Paris 1989
T. 3 De Gaulle capitale de la Résistance 1940-1942, Paris 1993

Jean Moulin, la République des catacombes, Gallimard, Paris 1999

 

 Alias Caracalla, Gallimard, Paris 2009

 De l’Histoire à l’histoire, Gallimard, Paris 2013

 Les Feux de Saint-Elme, Gallimard 2015

 

 

Pour en savoir plus:

Site de l’Ordre de la Libération.

Hommage du « Point », le 21 novembre 2020 

Hommage de la République des Pyrénées. 21/22/11/2020

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